J’ai envie de commencer vigoureusement l’année par un autre phénomène qui me révolte. Certes, je ne fais que ça. Non seulement j’ai une aversion considérable pour la lâcheté qui consiste à ne pas vouloir exprimer ses convictions profondes, mais c’est bien parce qu’elle est très répandue que des gens comme moi doivent s'y atteler. Des gens qui n’ont rien à perdre, et surtout pas l’illusion de relations sociales enrichissantes.
J’ai découvert il y a peu, l’immensité de la supercherie de ce système pénal qu’on veut nous présenter comme universel. La prison part pourtant d’une saine intention : Il s’agit d’exercer un pouvoir coercitif sur le condamné qui fragmente son temps en diverses activités obligatoires pour lui inculquer une discipline. Celle-ci permettra dans le cadre d’un espace restreint de pouvoir ensuite décomposer ses gestes pour y repérer les différences avec l’idéal disciplinaire standard. Cette méthode qui conditionne le corps pour redresser l’ensemble de l’individu a pu donner naissance aux sciences sociales, qui l’évaluent également à partir de normes en vue de discerner ses anomalies et les corriger.
Mais, depuis plus de trois siècles que la prison existe, jamais ne fut abordée réellement dans le débat public la question de son efficacité, en terme de lutte contre les intérêts de la délinquance, mais aussi de victoire morale. Or, il est évident que la prison, en plus de ne pas avoir d’impact réel sur l’insécurité, n’en a pas plus sur la mentalité des délinquants. Si la pénalité disciplinaire limite par exemples les infractions au travail ou sur la route, où on nous prend pour des vaches à lait, c’est parce qu’elle s’applique à des gens qui la redoutent pour leur avenir professionnel ou financier. Aucunes perspectives d’avenir dans un lieu clos et ultra-réglementé où l’âme ne peut voguer vers des horizons plus poétiques. Cette oppression constante fait macérer des envies teintées de rancœur plutôt que d‘inciter le condamné à réfléchir sur ses méfaits.
Alors qu’il s’agirait au contraire de lui montrer l’erreur et de lui transmettre un mode de vie profitable à la société ! Comme le dénonce subtilement Foucault dans « Surveiller et punir », l’enjeu est bien celui de l’intérêt collectif. Et pour qu’il soit préservé, le projet des réformateurs des lumières était à mon sens le plus intelligent, mais aussi le plus juste. Non pas que je sois de ces gens de gôche qui les idolâtrent, cédant au laxisme à la moindre question de société quand Voltaire était profondément haineux du peuple du travail !
Ce projet consistait à mettre en place des place des peines punitives qui contrebalancent l’intérêt du délit ou du crime afin de réactualiser la légitimité du contrat social. Elles sont aussi correctives en ce qu’elles réparent symboliquement la société: travaux d’intérêts collectifs en rapport avec le délit commis. Il s’agit d’un système de signes qui dissuaderait de passer à l’acte par une relation inconsciente de cause, le délit, à effet, la sentence.
Je pense également qu’il est urgent d’abandonner une prison qui cultive la délinquance en agglutinant la violence et en transformant des infracteurs en bêtes en cage. Hormis les dangers publics, qui devraient d’ailleurs être utilisés au profit de l’avancée de la science en hôpital psychiatrique, la plupart de la délinquance est jeune et livrée à elle-même, faute de travail et de pauvreté intellectuelle. Je n’excuse certainement pas les voitures brûlées ni la dégradation des biens publics dans ces banlieues, qui contribuent à nous diviser plutôt que de combattre la situation dramatique de l’emploi et de l’économie. Il ne faut néanmoins jamais oublier que l’oisiveté est la maîtresse de tous les maux. Avec les bracelets électroniques, on ne peut plus parler de folie : Les travaux d’intérêt collectif, ou réintégrer ces jeunes à notre société en leur donnant une fonction, une utilité plutôt que de les instrumentaliser comme repoussoir ! Punir n’est certainement pas suffisant pour leur faire aimer une France qu’ils ne connaissent qu’à travers la culture McDo, SOS racisme et la stigmatisation.
mardi, janvier 08, 2013
samedi, décembre 22, 2012
♪ David Byrne & St. Vincent - Ice Age
J‘ai mal au monde. Je veux y hurler tout le désespoir qu’il m’inspire. Comme une atteinte à la pudeur qui voudrait qu’on l’arpente, pour le meilleur et pour le pire. Communauté atomisée par le mode de vie individualiste où l’on utilise l‘idée de progrès pour satisfaire des intérêts purement subjectifs. Architecture aseptisée reniant la nature, enseignes lumineuses agressives et panneaux aux couleurs acidulées dégueulasses, symboles de l‘omnimarchandisation. Je dégueule ces concepts tels que je les ressens.
Et la géométrie de ces murs se dressant dans les airs comme des certitudes. Nos vies coulées dans le béton. Et ce ne sont pas les écoquartiers qui y changeront quelque chose. Ces gens sains d’esprit qui veulent mettre des bouches d’aération dans les murs en prenant soin de border un étang de quelques minables arbustes pour rénover la biodiversité ! Ah ah ah. Il ne s’agit que de se cloîtrer entre des blocs repeints en vert dominant toujours aussi sinistrement une terre rongée par la pourriture de nos lubies si lucratives. Nos routes englouties sous le lichens sauvage. Je me plaît à rêver d’une contrée où l’obsédante optimisation du confort propre à la toute-puissance de l’intelligence humaine se marierait avec la beauté puissante de notre planète. (Non de notre « environnement », criminel euphémisme d’une interdépendance cohérente) Un peu comme dans la dernière américanisation en date, saine, pour une fois. Le Hobbit abordait précisément l'importance du chez-soi. L'on y voit des habitacles enracinés, parfaitement intégrés aux singularités verdoyantes. L’homme de cette époque est un enfant capricieux qui s’imagine qu’une nature dont émane une culture sont des dus ne nécessitant aucun respect, aucune harmonie, aucune intégration.
Le monde est régit par des relations complexes de pouvoir. Il n'est pas manichéen, avec dominants d'un côté et dominés de l'autre. A nous d'oeuvrer à l'intérieur du pouvoir pour transformer ces relations à notre avantage.
Internet est un des éléments de cette stratégie de résistance.
"Je n'éprouve pas seulement le dégoût indifférent d'un regard offensé, ni simplement le chagrin que suscite un paysage profané, mais bien un douloureux pressentiment du chancre qui rongera les racines de notre grandeur nationale après qu'un tel traitement aura été infligé à notre sol (...)."
John Ruskin, Les sept lampes de l'architecture
lundi, novembre 26, 2012
♭ UtopiA - golDfrapp
A l'heure où nos valeurs sont remises en cause dans le cadre du démantèlement de notre culture commune, nous sommes appelés à nous construire par nous-mêmes. L'heure n'est plus aux héros populaires. La technologie, sommum du cool et signe de réussite sociale véhiculé par la pub, a donc vocation à nous magnifier.
La nouvelle technologie,
en plus de receler capacité de contrôle et aura de savoir, voudrait
également être un art. Ainsi elle revêt une apparence jouant avec
les textures, les couleurs et les proportions au même titre que
n’importe quelle création artistique. L’on en oublierait presque
sa vocation utilitaire, notamment avec le téléphone portable qui en
plus d’être multifonction est devenu intrinsèquement désirable
par son aspect toujours plus futuriste. C’est comme s’il y avait
une volonté de nous projeter dans une autre époque, surpassant le
surréalisme des années 20 dans son approche nouvelle de
questionnement quant à l‘esthétique. Nous avons dépassé le
stade de la provocation avec l’urinoir de Marcel Duchamps : La
publicité a dépassé le concept de musée en présentant l’objet
avec un soin rendu possible par une sophistication propre à la
nouvelle technologie qui finie par s’apparenter à de l’art.
De plus, l’objet de
notre quotidien présenté comme ayant une valeur artistique en
posséderait véritablement une. Preuve en est l’engouement actuel
pour le changement régulier de téléphone portable. Ce changement
qui vise à l’actualisation domestique de l’avancée
technologique repose également sur la considération que son
apparence la traduirait. Ce luxe suprême de représentation
détaillée du savoir fait de la machine un signe de richesse. L’art
contemporain qu’est la technologie domestique n’émane donc plus
du traditionnel façonnement des sens, mais de cet objectif de
représentation. Enfin, visionner les
dernières publicités pour appareils photo nous amène à constater
que la technologie peut tendre à être un nouvel art de vivre. En
effet, elle y est toujours présentée comme pouvant nous apporter le supplément d’appréciation d’un moment « unique »
lors de sa capture. Celle-ci nous permettrait de percevoir ce moment
sous un angle optimalisé voire même différent, selon les
paramétrages effectués de l‘appareil : Il s’agit de nous offrir un prisme de vie que l’on peut singulariser pour ainsi dire à
l’infini selon ses sens, comme on rajouterait une touche de violet
sur une toile. L’on peut considérer cette démarche comme une
autre façon d’oublier le propre de la technologie : la
standardisation dans tout ce qu’elle a de répétitif et
d’impersonnel.dimanche, octobre 28, 2012
♪ La tordue - LE Zèle Des ÎLes
Elles fabriquent ma rage d'y voir clair. Tout est issu du sentiment, avant même de rationaliser et de contextualiser son objet pour se l'approprier. Comme le dit Christian Bobin, les mots ne sont que la pudeur, le vernis d'une ambiance s'imposant à nous comme une évidence. Le sentiment est une adventice de la passion, mêli-mêlo de perceptions et d'émotions diffuses et passives qui finissent miraculeusement par converger en un même point. L'expérience empirique de la vérité. Les gens sont mes cobayes.
dimanche, septembre 23, 2012
♫ The settIng Sun - MADI
Me revoilà. Toujours plus tarée, arrogante et sensible. Décidée à repartir sur de bonnes bases universitaires. Celles de la détermination, avec principes d'intériorité comme guide. Mais aussi de la rigueur, me faisant le plus défaut: Une vie est une perpétuelle évanescence. Rien que des amas de vérités qui surgissent parmi tant d'autres pour se dissiper dans le non-sens comme des pétards retombant sur un lac. Et dans un élan aussi démentiel que désespéré, parfois violent, je souffle sur les braises de ma vie; Tentant de lui redonner une impulsion, une raison d'être au delà des balises de la société, au delà des espérances feintes. Je suis en tête-à-tête avec une seconde nouvelle vie, sans le FN, les romances déchues et tous ces autres éléments d'obsessionnelle que j'avais intégré à ma vie. Les dix semaines d'animation de cet été m'auront confronté à la jeunesse française. Mais la vraie, celle des classes populaires et moyennes, celle dont les racines ont été plantées dans un nihilisme pauvre et amoral. J'ai pu constater, analyser tout l'ennui d'une jeunesse se réfugiant dans l'humour gras, la cruauté et la frime pour tenter de refouler sa futilité et sa paresse. Complaisance revendiquée en l'abrutissement comme nouvel art de vivre, nouvelle religion. Celle que veut l'élite pour pérenniser son emprise sur l'intérêt collectif.
L'éducation de la population ne pourra jamais à elle seule décroître les pulsions meurtrières du populisme. Celles-ci doivent aussi faire l'objet d'une répression. Le drame de l'homme est sa condition de solitude jusqu'à la mort. Son attitude en communauté découle de cette notion, vacillant entre égocentrisme et effet de masse, abandon de soi pour une cause transcendante. De là, du bon comme du mauvais peut en émaner, l'enjeu étant de canaliser ces forces paradoxales pour que pragmatisme et passion puissent s'harmoniser.
"Vanité des vanités, tout est vanité et poursuite de vent" disait l'Ecclésiaste. Pas forcément une vanité égocentrique, mais une vanité comme défiance de la nature, exorcisme de sa condition humaine. En repousser les limites matérielles fait partie de cette logique destructrice voire morbide. Mais n'est-ce pas humilité que d'accepter -avec équilibre- cet aspect de la vie ? Photo : Dans l'immeuble où je vis actuellement, l'on ne chie pas sur les codes.
samedi, avril 14, 2012
♭ Lumière du jour - Véronique Sanson
Complaintes d'une fille larguée.
Je suis entourée de zombies. Des êtres si désespérés qu'ils en viennent à se contenter d'une vie sans souffrance pour avoir l'impression de ne rien rater. Si sensibles qu'ils la refusent, se terrant dans l'ataraxie, l'ascétisme ou l'individualisme, ces petites morts, ces limbes dont parlait Lucrèce où l'on est sûr de ne plus rien ressentir, pas même le bonheur. Je préfère encore mes excès conflictuels aux paradis artificiels dans lesquels ils survivent. Mes envies, mes éclats croulent sous ce nihilisme ambiant qui consiste en une lâcheté émotionnelle parfois monstrueuse. Au nom de l'absurdité de la vie dont il découlerait qu'un dépérissement vaille mieux que quelques mécanismes sordides de l'humanité. Je les transcende. Car j'ai besoin d'audace, de passion, de vie ! Ainsi je ne choisis pas la facilité du mensonge, je ne m'immunise pas contre cette humanité. Et je progresserai, harmonisant mon désir de destruction avec les autres, empreints de passion et non de fade calcul. Ma vie sera une fête où l'on célébrera la chance d'être sur terre en composant avec sa condition humaine des bouquets de mille printemps.
Sasquia... Ce prénom entendu lors d'un séjours estival en colonie de vacances résonne perpétuellement dans ma tête. Il sonne si bien., à la fois raffiné dans la féminité du "ia" et chevaleresque dans l'audace de ses consonnes. Tout ce que j'aime chez la femme; La grâce qui lui est propre, mais pas façon guimauve.
C'est le prénom que je donnerai à ma fille lorsque les hormones auront pris le dessus sur le bon sens de l'indépendance.(la sensation)
mercredi, avril 04, 2012
♪ Mon dieu - Edith piAf
Quand dorment les soleils sous nos humbles manteauxDans l'univers obscur qui forme notre corps,
Les nerfs qui voient en nous ce que nos yeux ignorent
Nous précèdent au fond de notre chair plus lente,
Ils peuplent nos lointains de leurs herbes luisantes
Arrachant à la chair de tremblantes aurores.
C'est le monde où l'espace est fait de notre sang.
Des oiseaux teints de rouge et toujours renaissants
Ont du mal à voler près du coeur qui les mène
Et ne peuvent s'en éloigner qu'en périssant
Car c'est en nous que sont les plus cruelles plaines
Où l'on périt de soif près de fausses fontaines
Et nous allons ainsi, parmi les autres hommes,
Les uns parlant parfois à l'oreille des autres.
La fable du monde
Jules Supervielle nous fait la démonstration du miracle de la littérature avec le procédé du surréalisme : Des mots empruntésau monde à partir desquels il recréera le sien, au fin fond de l'inconscient de ses rêves d'artiste. La reproduction de la rythmique
du coeur réconcilie le mouvement d'ouverture vers l'univers du corps avec l'introspection, sa découverte spirituelle.
Une mise en abyme du royaume nature dont chaque pan est relié à l'autre par les lois du structuralisme.
samedi, mars 24, 2012
♫ Mozart requiem - III. Sequenz: Lacrimosa
Ah ! c'est dans les dangers qu'il faut observer l'homme, c'est dans l'adversité qu'il se révèle : alors seulement la vérité jaillit de son coeur ; le masque tombe, le visage réel apparaît. (...) Pareils aux enfants qui tremblent et s'effraient de tout dans les ténèbres aveugles, c'est en pleine lumière que nous-mêmes, parfois, nous craignons des périls aussi peu redoutables que ceux dont s'épouvantent les enfants dans les ténèbres et qu'ils imaginent tout près d'eux. Ces terreurs, ces ténèbres de l'esprit, il faut donc pour les dissiper, non les rayons du soleil ni les traits lumineux du jour, mais l'étude rationnelle de la nature. Et toi, tu hésiteras, tu t'indigneras de mourir ? Tu as beau vivre et jouir de la vue, ta vie n'est qu'une mort, toi qui en gaspilles la plus grande part dans le sommeil et dors tout éveillé, toi que hantent les songes, toi qui subis le tourment de mille maux sans parvenir jamais a en démêler la cause, et qui flottes et titubes, dans l'ivresse des erreurs qui t'égarent. (...) L'un se précipite hors de sa riche demeure, parce qu'il s'ennuie d'y vivre, et un moment après il y rentre, car ailleurs il ne s'est pas trouvé mieux. Il court a toute bride vers sa maison de campagne comme s'il fallait porter secours a des bâtiments en flamme ; mais, dès le seuil, il baille ; il se réfugie dans le sommeil pour y chercher l'oubli ou même il se hâte de regagner la ville. Voilà comme chacun cherche a se fuir, mais, on le sait, l'homme est a soi-même un compagnon inséparable et auquel il reste attaché tout en le détestant ; l'homme est un malade qui ne sait pas la cause de son mal.
Lucrèce était un philosophe et poète latin du 1er siècle avant JC adepte de l'école d'Epicure. Il considérait que la mort est à l'origine des maux de l'homme car elle est pour lui un mal suprême donc inavouable le guidant bien souvent vers la passion, la destruction. Dans cet extrait de "De natura rerum", sa seule oeuvre inachevée visant à la révélation de notre condition humaine, il décrit avec une certaine beauté amère ce vain désespoir.
L'homme est paradoxe par essence; Sans cesse tiraillé entre orgueil du pied de nez à la mort et autodestruction,
sacrifice aux passions qu'elle engendre. Au final, on sait qui l'emporte, malgré tous les efforts
qu'il peut déployer pour polir son être, le rendre plus supportable.
sacrifice aux passions qu'elle engendre. Au final, on sait qui l'emporte, malgré tous les efforts
qu'il peut déployer pour polir son être, le rendre plus supportable.
vendredi, mars 16, 2012
♭ After Every party I die - IAMX
Une morale platonicienne chère à l'homme, qui ferait de lui un être authentique, comblé par sa bonne vie. Le paradis artificiel de l'ataraxie. Psychothérapie. Réalisation des moindres désirs ou consommation de masse à l'origine de l'économie. Harmoniser son désir de destruction avec les autres comme Nietzsche. Médocs. L'ascétisme. Une sensation fugace de haute voltige dans les sphères de la jouissance. Sa maximalisation sur les critères de Bentham. Thérapies cognitives. L'hédonisme, subtil calcul de soustraction de la souffrance au plaisir vers le résultat bonheur. Ou pas.
Aristote considérait qu'il existe un certain nombre de biens objectifs chez l'homme relevant de sa nature profonde comme le foyer et la reproduction. L'homme se définissant par l'exercice de sa raison, le but ultime de son bonheur réside dans la politique et les sciences.
Foutaises. Épicure et son maître Démocrite avaient raison, ne nous laissons pas aveugler par le conformisme ou la course aux honneurs du conditionnement social.
Foutaises. Épicure et son maître Démocrite avaient raison, ne nous laissons pas aveugler par le conformisme ou la course aux honneurs du conditionnement social.
Des éclats de vérité de raison et de sensibilité dans le chaos de l'illusion.
Voilà ce qu'est le bonheur. Des révélations sur le monde qui nous consolent de la mort, dans le respect des méthodes propres aux particularités de chacun pour qu'elles soient rendues possibles.
Voilà ce qu'est le bonheur. Des révélations sur le monde qui nous consolent de la mort, dans le respect des méthodes propres aux particularités de chacun pour qu'elles soient rendues possibles.
dimanche, mars 04, 2012
♫ asLEep from dAy - chEmical Brothers
Voici l'extrait d'une analyse que j'ai eu à faire d'un merveilleux livre de Roland Barthes.
Pour lui, chaque élément, même le plus anodin, est lié à lui par un mysticisme ésotérique. Le jeu est particulièrement illustratif de la culture japonaise car il est signe dans le dérisoire, l’esthétisme, mais aussi le symbolisme du rituel.
Roland Barthes, en théorisant au moyen d’une écriture ciselée sur ce choix de concevoir le monde sous le jour du vide plutôt que du fondement nous démontre qu’il émane paradoxalement d’une volonté.
Cette volonté obstruant le signifié au profit du signifiant est idéologique, elle reste guidée par le sens.
L'empire des signes
La relation fond/forme de la civilisation japonaise ne repose pas comme la notre sur l'harmonie mais la déconstruction. Il s'agit dans un premier temps de créer à l'aide de codes ou règles du jeu toutes les conditions qui permettront de s'y adonner avec une volupté proprement artistique. Sauf que ce plaisir est vide de sens. Il n'a pas la présomption d'une finalité métaphysique ou humaniste, comme se plaît à le croire Barthes en l'opposant au capitalisme. Il repose sur le néant de l'orgasme, cette petite mort, quitte à éclipser le plaisir de l'acte en lui-même, déjà épuré du sens. Barthes nous propose une vision sémiologique d'une civilisation qui ne cesse d'en jouer de manière à mettre en déroute nos préjugés sur une relation fond/forme. En effet, l’occidental a la spiritualité du sens pour ligne de conduite. Pour lui, chaque élément, même le plus anodin, est lié à lui par un mysticisme ésotérique. Le jeu est particulièrement illustratif de la culture japonaise car il est signe dans le dérisoire, l’esthétisme, mais aussi le symbolisme du rituel.
Roland Barthes, en théorisant au moyen d’une écriture ciselée sur ce choix de concevoir le monde sous le jour du vide plutôt que du fondement nous démontre qu’il émane paradoxalement d’une volonté.
Cette volonté obstruant le signifié au profit du signifiant est idéologique, elle reste guidée par le sens.
mardi, janvier 17, 2012
♪ sweet adeline - Elliott Smith
Il est logique quand on est jeune d'être indécis sur ce que l'on veut faire des 70% de sa vie. D'abord parce que cela donne le vertige, et qu'il s'agit de se responsabiliser quant à un parcours bien défini. Difficile de s'accoutumer à ce formatage de l'esprit lorsque l'on sort du monde fantasque de l'adolescence et de l'assistanat du lycée. Pour ma part, j'ai déjà pas mal erré. En découvrant Paris à travers le métier trop abrutissant et mal reconnu de serveuse. Tout le monde n'a pas la même puissance intellectuelle ni la même capacité de passion. A l'inverse, aucun prolétariat ne se sacrifierait pour faire tourner les commerces, les boîtes de services à la personne et les industries. (Enfin, ce qu'il en reste.) Concrètement, je rentre de l'université. J'ai eu 4 en communication. Cela me désespère, bien que j'ai passé l'âge d'être fascinée par les artifices de manipulation à force de la pratiquer. Je n'ai pas le choix du processus si je veux être considérée comme journaliste un jour; Ce rôle utile de miroir qui consisterait à apporter une vision constructive (non celle du système) de la société grâce à l'aventure de l'investigation. Je me demande souvent ce que je vais faire de mon être, si exalté et dérisoire à la fois. Je songe de plus en plus à voyager, mais avec quel argent ? Nous ne sommes plus en 1960 où faire du stop n'était pas se faire passer pour folle ou pute et un article paraissait dans un journal pour le peu que son contenu soit bon ! Je pense ne pas avoir la volonté de vivre à cette époque. Une époque où le réseau social vaut mieux qu'une culture commune, où des machines se substituent aux rapports humains pour motif de praticité. Une époque de comm'* où la forme prime
au détriment du fond : Ma camarade a obtenu la moyenne en baratinant.
*"Société de consommation", ce n'est plus hype. Maintenant, on dit "société de communication",
car en plus de se complaire dans le futile, ils le clament à la terre entière.
*"Société de consommation", ce n'est plus hype. Maintenant, on dit "société de communication",
car en plus de se complaire dans le futile, ils le clament à la terre entière.
Libellés :
Signifiant et signifié
dimanche, janvier 08, 2012
♫ SlipKnoT - My Plague
" L'ombre représente un solide dont la forme dépend à la fois de celle du corps lumineux, de celle du corps opaque et de la position de celui-ci à l'égard du corps lumineux. "
Cette citation sonne absurdement relativiste et c'est tout l'enjeu de l'oeuvre. "L'étrange histoire de Peter Schlemihl" est à l'image du conte : manichéen, avec le bien incarné par l'instruction et le mal, qui réside dans les facettes de la facilité, corruption suprême. Ce n'est qu'une façade. Le thème de l'ombre va bien au delà de la morale pour s'inscrire dans la finitude de la condition humaine. Peter Schlemihl aura la volonté de se la rendre moins absurde en tendant à être un surhomme, tel un insecte recherchant désespérément la lumière. Il gagnera en effet un impact sur la société grâce à l'argent; N'ayant pas acquis l'indépendance, il ne correspond pas tout à fait au dogme sataniste qui est l'individualisme. Si notre héros voudra retrouver son honneur, c'est moins par respect de son environnement que par commodité : ne pouvant être un surhomme, il a besoin des autres pour exister; Se confronter à leur conscience pour enrichir la sienne. Cette fonction de miroir correspond ici au narcissisme. Il s'agit de la dualité entre "être" et "paraître". Avec cette optique, il fera son entrée dans la bourgeoisie. La fascination du prolétariat pour ce qui brille est évoquée; Peter Schlemihl cherche à la transcender. Cette ascension sociale se soldera comme elle a commencée : l'erreur sur la personne que le culte mondain de l'apparence et du conformisme masque. Mais Peter Schlemihl se connaît-il lui-même ? S'il est tant frustré de ne pouvoir se montrer au monde pour s'y jauger, c'est bien parce qu'il a besoin d'introspection ! L'ombre dans laquelle il sera contraint de vivre lui rappelle combien il est dangereux pour la santé de l'âme de fuir ce que l'on est; Elle représente l'obscurantisme, sa destinée. Le défi sera d'apprendre à composer avec, loin des passions humaines . . .
samedi, décembre 10, 2011
♪ she'S A Rainbow - The Rolling Stones
Ce mouvement égalitaire comporte évidemment ses déviances; Nombre de femmes en faisant partie ont pour coutume la victimisation ; La galanterie en est représentative tant elle est aberrante et obsolète quand la plupart des femmes en occident ont acquis la liberté d'agir et de s'exprimer en leur qualité d'êtres de raison sans besoin d'hypocrite parité. L'autre tendance se démarquant est inverse : Elle consiste à imaginer
(CF Gouines rouges, 1971) que se mesurer à la puissance masculine est l'imiter en virant volontairement homosexuelles viriles ou en organisant des parades de revendications aussi ridicules que stériles ; Sans faire dans le simplisme à la Soral se prenant pour Freud sur le complexe du phallus, ce folklore représente justement le comble de la faiblesse : Reniement de son essence féminine donc du combat même qui en découle. Outre cette hostilité fondée sur des jugements dignes du machisme le plus primaire, force est de constater par exemple qu'à l'heure actuelle, l'écart moyen reste de 30% entre le salaire d'un homme et d'une femme pour un même travail sachant que la maternité pratiquée avec amour et morale constitue elle aussi un travail de fond pour la pérennité de la France. De plus, il est objectivement injuste que des femmes pâtissent de l'aléatoire de la nature donc des hormones, alors qu'un remplacement de personnel est souvent aisé. Que ce soit sur ce plan formel où dans l'inconscient collectif patriarcal, il y a encore bien du travail pour atteindre la respectabilité des femmes et j'estime que ça n'est pas plus mal dans le sens ou cela renforce en majorité leur motivation à démontrer la légitimité de ce statut par des actes forts.
mercredi, décembre 07, 2011
♫ I LIVED ON THE MOON - kwoON
L'artiste. Je n'avais jamais compris pourquoi ce mot m'avait toujours autant fasciné. Grâce à mes professeurs de philosophie et de théâtre, l'un profondément rigoureux, l'autre passionnément sincère, en reprenant le métro tout à l'heure après quelques minutes d'anthropologie au milieu de l'amour aseptisé de Noël, ça s'est éclairé. Ce terme a toujours fait résonner cette vérité que je n'ai jamais voulu m'avouer : Je ne suis pas artiste. Ou alors, par procuration.
Quelqu'un me faisait remarquer l'autre jour mon obsession pour l'anticonformisme et nous y sommes précisément; Les rêves représentent le reflet de la sensibilité émanant d'une conception de la nature (poesis), dont découle un imaginaire structuré participant de notre personnalité. Les artistes ressentent le besoin de l'extérioriser tant le leur est vaste pour n'être contenu qu'exclusivement dans un cerveau humain. Certaines personnes le font pour se sentir moins seules avec elles-mêmes. D'autres, pour se sentir en vie; Cette sensation n'étant possible qu'au travers de leur inconscient, prépondérant. Dans tous les cas, il s'agit de façonner ces immenses pulsions désespérées afin de les prolonger comme on le peut dans la prosaïque réalité.
Un arrangement frustrant. Un pacte avec le diable, renoncement. Et c'est parce que cette fadeur de la sensibilité
grandie en moi avec les années et les connaissances que je me bats contre le monde pour qu'elle s'exorcise.
grandie en moi avec les années et les connaissances que je me bats contre le monde pour qu'elle s'exorcise.
L'ANTICONFORMISME EST UNE FORME DE CONFORMISME.
Libellés :
La pureté ésotérique du façonnement des sens
dimanche, novembre 06, 2011
♪ Peter GAbriel - in your eyEs
Death In Vegas + Guest dans le cadre du festival Ground Zero, Splendid Lille Fives, 31 octobre 2011
J'ai un attachement particulier pour Death In Vegas qui ne fait pourtant de loin pas partie de mes groupes favoris; Je l'ai découvert fin été 2010 dans un état d'esprit encore assez torturé et grâce à une personne fort singulière à mes yeux... Je ne crois pas que ce soit la seule raison pour laquelle je considère la musique du groupe fascinante. Elle l'est par nature car elle transpire la mélancolie tout en exhalant une infinie luminosité exacerbées par la finesse et la cadence de l'électronique. Et ce cocktail était juste M A G I Q U E en live.
C'était irréel, éblouissant, jouissant, tout c'qu'on veut ! Et même si le son était trop saturé, même si on a glandé 2heures avant de voir Richard Fearless débarquer, tel un cosmonaute dans la fumée colorée, même s'il est resté de marbre avec nous, (très impressionnant dans son absolue concentration) putain quelle transcendance ! On a eu droit notamment aux titres Girls, Coum, Dirge, Hands Around My Throat, Your Loft My Acid et bien sûr Aisha. J'avais dit à pas mal de monde que je concocterai une vidéo de l'évènement, mais il faut bien admettre que je suis aussi médiocre en filmage qu'en montage. T'façon même les films les plus professionnels ne restitueraient pas l'ambiance de cette orgie culturelle, et c'est tant mieux. Ca prouve à quel point ce genre de moments est unique dans sa vérité, un toujours dans le jamais, une poésie des âmes et des corps vibrant à l'unisson dans la petite salle du Splendid à l'occasion de la tournée
"Trans-Love énergies", nouvel opus. Voilà tout de même deux photos correctes du show,
avec tout ce qu'elles peuvent évoquer aux personnes étant présentes...
C'était irréel, éblouissant, jouissant, tout c'qu'on veut ! Et même si le son était trop saturé, même si on a glandé 2heures avant de voir Richard Fearless débarquer, tel un cosmonaute dans la fumée colorée, même s'il est resté de marbre avec nous, (très impressionnant dans son absolue concentration) putain quelle transcendance ! On a eu droit notamment aux titres Girls, Coum, Dirge, Hands Around My Throat, Your Loft My Acid et bien sûr Aisha. J'avais dit à pas mal de monde que je concocterai une vidéo de l'évènement, mais il faut bien admettre que je suis aussi médiocre en filmage qu'en montage. T'façon même les films les plus professionnels ne restitueraient pas l'ambiance de cette orgie culturelle, et c'est tant mieux. Ca prouve à quel point ce genre de moments est unique dans sa vérité, un toujours dans le jamais, une poésie des âmes et des corps vibrant à l'unisson dans la petite salle du Splendid à l'occasion de la tournée
"Trans-Love énergies", nouvel opus. Voilà tout de même deux photos correctes du show,
avec tout ce qu'elles peuvent évoquer aux personnes étant présentes...
mercredi, octobre 19, 2011
♪ My name is CARNIVAL - YUn SuN Nah
AVIS AUX AMATEURS :
VISIONNEZ LE FILM DE JOHN CARPENTER AU PREALABLE DE LIRE CET ARTICLE !
DANS THE THING DE CARPENTER, PLUSIEURS MECANISMES APPARAISSENT A TRAVERS LE PHENOMENE ; EN VOICI SON AUTOPSIE. SUR LE PLAN PSYCHOLOGIQUE, RELEVONS EN PREMIER LIEU L'INTERESSANT CONTRASTE ENTRE LA CHOSE ET LA VULNERABILITE DES ETRES AUXQUELS ELLE S'ATTAQUE ; CE CONCEPT MEME FAIT INSTINCTIVEMENT APPEL A UNE VIEILLE HANTISE : LA PEUR DE L'AUTRE, SUSCITEE PAR LA SUSPICION DU AU FAIT QUE LE MAL PUISSE SE PERSONNIFIER EN N'IMPORTE QUEL ETRE, A L'INSTAR D'UNE SOCIETE HYPOCRITE, BASEE SUR LA CRUAUTEE DISSIMULEE. CETTE ATMOSPHERE INSOUTENABLE ALLANT CRESCENDO ENGENDRE UNE EXCITATION EXTREME VOIRE UNE RAGE QUE L'EXCELLENCE DU JEU D'ACTEURS SAURA NOUS TRANSMETTRE.
ON OBSERVE AUSSI LA DIMENSSION FATALE DE L'INTRIGUE, PUISQUE L'ENVAHISSEMENT A LIEU DANS UNE STATION SCIENTIFIQUE DE L'ANTARTIQUE, ENVIRONNEMENT PAR DEFINITION HOSTILE ET A L'ECART DE TOUT ; AINSI LA SENSATION DE CLAUSTROPHOBIE EST OMNIPRESENTE, COMME POUR SIGNIFIER QU'AUCUNE ISSUE N'EST ENVISAGEABLE FACE A LA NOTION DE MAL. CETTE DIMENSION ET L'IDEE DE LA CHOSE, SERONT JUDICIEUSEMENT MIS EN EVIDENCE GRACE A UN HASARD CALCULE, RENDANT POSSIBLE L'ANALYSE MEDICALE, D'UNE PRECISION IMPLACABLE ; CELA FAVORISE LA FASCINATION, ET A LONG TERME.
PARCE QUE CA N'EST PAS ANODIN, L'ON PEUT SOULIGNER EGALEMENT QUE LA PREMIERE REPRESENTATION DE LA CHOSE S'EFFECTUE DANS L'OMBRE, DE FACON BRUTALE, SOUS LES TRAITS DE L'ARAIGNEE ET DERRIERE UNE CAGE ; CES QUATRE ELEMENTS NOUS SIGNALENT UNE PHASE NOUVELLE DE DANGER, LE SYMBOLISANT DANS L'INCONSCIENT COLLECTIF.
SALUONS ENFIN, SI LA DEMARCHE EST REELLE, LA SUBTILE ET AUDACIEUSE METAPHORE QUI VA SUIVRE D'UN REALISATEUR AYANT SU EXPLOITER L'ACTUALITE ; L'ON PEUT EN EFFET EVOQUER LE VIRUS DU SIDA EN ALLUSION A L'ASPECT A PRIORI INOFFENSIF DE LA CHOSE AINSI QU'A SA DETECTION PAR LE SANG LORS DE LA FAMEUSE SEQUENCE-VERITE DE FIN DE FILM. A NOTER QU'IL FUT TOURNE EN 1982, LORS DU DEBUT DE CETTE EPIDEMIE.
DANS UNE OPTIQUE PLUS TECHNIQUE, IL S'AGIRA ICI DE S'INTERESSER A L'AMBIANCE INCOMPARABLE DU FILM ; EFFECTIVEMENT ELLE N'AURAIT JAMAIS ETE SI CONVAINCANTE A L'ECRAN SANS LA CONTRIBUTION D'ENNIO MORRICONE, PRINCIPALEMENT AVEC SON "MAIN THEME" REPETITIF AMERE ET DESESPERE COMME FIGE DANS LA GLACE ; CETTE MUSIQUE SCANDEE TOUT AU LONG DU FILM ACCENTUE LE STRESS EN CELA AUSSI QU'ELLE VA LUI SERVIR DE POINT DE DEPART. ENCORE PAR RAPPORT A CE DOMAINE, IL EST BON DE SOULIGNER COMBIEN LE BRUITAGE DE LA CONTAMINATION, CE GRONDEMENT CAVERNEUX ATROCE PARTICIPE D'UNE VOLONTE DE MARQUER PAR ECHOS L'ESPRIT DU SPECTATEUR BIEN APRES LE VISIONNAGE.
QUANT A L'INTERPRETATION PHYSIQUE DE LA CHOSE, ELLE EST EXTRAORDINAIREMENT BIEN CONCUE POUR L'EPOQUE GRACE A ROB BOTTIN, QUI EFFECTUA PENDANT UN AN UN TRAVAIL D'ORFEVRE AUSSI ELABORE QUE REALISTE CONCERNANT LES PROTHESES DU PHENOMENE.
EN PARALLELE, LA CONSTRUCTION DES SECNES EST PERFORMANTE GRACE A UN PROCESSUS DE JEU AVEC LE SPECTATEUR, GENERANT UN SUSPENS PROGRESSIF DESTINE A ATTISER LA CRAINTE : LE FAIT QUE LA CHOSE NOUS APPARAISSE EN CLAIR-OBSCUR PUISQUE LA MAJORITE DE L'ACTION S'INSCRIT DANS LA NUIT AINSI QUE L'UTILISATION D'UNE TECHNIQUE DETOURNEE DE FILMAGE JUSQU'AU 2/3 DU FILM (VISIONS DE LA CHOSE EN CONTRE-PLONGEE, DERRIRE UNE CAGE, OU A LA FIN D'UNE ASSIMILATION) ENTRAINE LE SPECTATEUR AUX CONFINS DE L'IMAGINATION. CETTE FIEVREUSE ATTENTE SE SOLDERA PAR LE PAROXYSME DE L'OEUVRE ; L'ECLATEMENT DE LA VERITE AU GRAND JOUR ; LE DEVOILEMENT DE L'ABJECTE MUTATION A LA LUMIERE ARTIFICIELLEMENT CRUE ACHEVERA D'ASSEOIR LE CONTEXTE ET L'ENJEU DE L'INTRIGUE : LA SURVIE.
EN PARALLELE, LA CONSTRUCTION DES SECNES EST PERFORMANTE GRACE A UN PROCESSUS DE JEU AVEC LE SPECTATEUR, GENERANT UN SUSPENS PROGRESSIF DESTINE A ATTISER LA CRAINTE : LE FAIT QUE LA CHOSE NOUS APPARAISSE EN CLAIR-OBSCUR PUISQUE LA MAJORITE DE L'ACTION S'INSCRIT DANS LA NUIT AINSI QUE L'UTILISATION D'UNE TECHNIQUE DETOURNEE DE FILMAGE JUSQU'AU 2/3 DU FILM (VISIONS DE LA CHOSE EN CONTRE-PLONGEE, DERRIRE UNE CAGE, OU A LA FIN D'UNE ASSIMILATION) ENTRAINE LE SPECTATEUR AUX CONFINS DE L'IMAGINATION. CETTE FIEVREUSE ATTENTE SE SOLDERA PAR LE PAROXYSME DE L'OEUVRE ; L'ECLATEMENT DE LA VERITE AU GRAND JOUR ; LE DEVOILEMENT DE L'ABJECTE MUTATION A LA LUMIERE ARTIFICIELLEMENT CRUE ACHEVERA D'ASSEOIR LE CONTEXTE ET L'ENJEU DE L'INTRIGUE : LA SURVIE.
LA FIN EST POUR LE MOINS PERCUTANTE, CAR NOUS NOUS RETROUVONS DANS LE FLOU CONCERNANT LE SORT DE NOTRE HEROS SOLITAIRE, MCREADY (KURT RUSSEL) ; MEME SI L'ON SAIT A 99% QUE " LA CHOSE VENUE DE L'ESPACE " NE SERA PAS ENRAYEE, LES FLAMMES NE FAISEANT QUE RETARDER SA PROGRESSION SUR LE GLOBE ; CETTE FIN "OUVERTE" DONT CARPENTER A LE SECRET NOUS IMMERGERA A JAMAIS DANS LE DOUTE, DE FACON A NOUS IMPLIQUER DIRECTEMENT DANS CETTE GLAUQUE HISTOIRE. CELA SE TRADUIT PAR UN DIALOGUE DES PLUS ABSURDES ENTRE LES DEUX RESCAPES DE LA STATION : - TU CROIS QU'ON VA S'EN SORTIR ?
- IL VAUDRAIT MIEUX PEUT-ETRE PAS...
- IL VAUDRAIT MIEUX PEUT-ETRE PAS...
IL EN RESSORT LA CONSIDERATION QUE THE THING DE CARPENTER EST CE QUI S'EST FAIT JUSQU'A PRESENT DE MIEUX DANS LE REGISTRE CINEMATOGRAPHIQUE DE L'HORREUR. LES ELEMENTS QUI PERMETTENT DE DISCERNER SA PORTEE DE CHEF-D'OEUVRE RESIDENT EN L'ANCRAGE DANS LA MEMOIRE GRACE AUX PROCEDES PASSES EN REVUE, MAIS SURTOUT DE PAR L'UNIVERSALITE VISIONNAIRE AVEC LAQUELLE IL A ETE ETUDIE ET COMPOSE ; LE MYSTERE CORRESPONDANT AU SUSPENS ET A L'ESPACE, LA SOLITUDE INCARNEE PAR LES SENTIMENTS DE PARANOIA ET D'ENFERMEMENT, MAIS AUSSI LE PARTI PRIS AMBITIEUX D'UN REALISATEUR VISANT NOTRE APPROPRIATION DE LA CHOSE, A L'AIDE D'UN HABILE COCTAIL VACILLANT AVEC NOUS ENTRE SUGGESTIF ET CONCRET. ENFIN LE MALSAIN, AVEC LE CARACTERE VICIEUX ET VIOLENT DU VIRUS AINSI QUE SA MONSTRUOSITE SOPHISTIQUEE.
Qu'en est-il du remake sorti le 12 octobre dernier, prélude de ce film culte ?
Négatif :
. Une monstruosité dégénérée à outrance sans aucune subtilité.
. Omniprésence des images de synthèses rendant moins vraisemblable le phénomène.
. Filmage à l'Américaine presque prévisible avec rythme trop soutenu et courses-poursuites à tout va.
. Bande-son excessivement violente.
. Coups de théâtre tous similaires à l'oeuvre de 1982.
. Aucune révélation concernant les origines de la chose.
. Personnages fades.
Positif :
. Détails de fonctionnement du virus (processus de digestion, imitation exclusive de cellules organiques)
. Développement du caractère vicieux de la chose ayant ici une objective conscience.
. Hommage à l'oeuvre d'origine (bande-son des premiers plans, autopsie de la chose, référence à McReady et au black, fin "ouverte" avec un doute sur la contamination de Sam Carter.)
. Choix original d'une héroïne féminine au jeu touchant.
★★★★★







