jeudi, mai 01, 2014
mardi, avril 01, 2014
♫ Bocca Di Rosa - Petra Magoni & Ferrucio Spinetti
« L’avènement de la démocratie se produit à mon avis lorsque les pauvres, forts de leur victoire, exterminent les uns, bannissent les autres, et partagent également avec ceux qui restent le pouvoir politique et les responsabilités de gouverner. Le plus souvent même, dans la cité démocratique, ces responsabilités sont tirées au sort. »
Cet extrait de La République de Platon résume à lui
seul toute l’idée que je me fais de la démocratie, mais aussi celle que je me
fais de l’éternel recommencement de l’histoire.
Commençons par la première idée. La démocratie est l’expression institutionnelle du relativisme. En donnant à chacun le potentiel pouvoir de peser sur la vie publique, elle noie les valeurs suprêmes dans le gloubiboulga des lubies, réduisant ainsi d’emblée leur importance et donc leur capacité de l’emporter face à elles. De graves préjudice à la morale ou même à une quelconque doctrine d’inspiration nietzschéenne plaçant un certain état d’esprit au sommum d’une adéquation avec la vie naissent à coup sûr de ce système qui a oublié que précisément tous ne sont pas égaux face à la nature et ce faisant ne peuvent la défendre. Non, contrairement à ce que nous disent les héritiers de la « french théorie », et particulièrement de Sartre, la culture ne prime pas sur la nature, je dirais même que c’est l’inverse. Il n’y a qu’à observer les nombreuses expériences sur le genre qui ont déjà été menées pour s’en convaincre. De plus, comme le constatait Nietzsche, nous sommes conditionnés par la physiologie de notre corps. Sans tomber dans des dérives eugénistes pour le coup contre-nature, il conviendrait donc de prendre en compte ces deux facteurs, de sorte à extraire de la population des personnes en mesure par leur patrimoine génétique intellectuel et physique d’apporter des solutions et des systèmes de régulation morales ou du moins adaptés à des situations pour les empiristes acharnés. Seulement avec la démocratie, ce qui donne son horizon à la façon dont une nature humaine doit s’envisager par rapport à ses semblables ainsi qu’au reste de la nature s’en trouve réduit à une affaire de lobbying.
Commençons par la première idée. La démocratie est l’expression institutionnelle du relativisme. En donnant à chacun le potentiel pouvoir de peser sur la vie publique, elle noie les valeurs suprêmes dans le gloubiboulga des lubies, réduisant ainsi d’emblée leur importance et donc leur capacité de l’emporter face à elles. De graves préjudice à la morale ou même à une quelconque doctrine d’inspiration nietzschéenne plaçant un certain état d’esprit au sommum d’une adéquation avec la vie naissent à coup sûr de ce système qui a oublié que précisément tous ne sont pas égaux face à la nature et ce faisant ne peuvent la défendre. Non, contrairement à ce que nous disent les héritiers de la « french théorie », et particulièrement de Sartre, la culture ne prime pas sur la nature, je dirais même que c’est l’inverse. Il n’y a qu’à observer les nombreuses expériences sur le genre qui ont déjà été menées pour s’en convaincre. De plus, comme le constatait Nietzsche, nous sommes conditionnés par la physiologie de notre corps. Sans tomber dans des dérives eugénistes pour le coup contre-nature, il conviendrait donc de prendre en compte ces deux facteurs, de sorte à extraire de la population des personnes en mesure par leur patrimoine génétique intellectuel et physique d’apporter des solutions et des systèmes de régulation morales ou du moins adaptés à des situations pour les empiristes acharnés. Seulement avec la démocratie, ce qui donne son horizon à la façon dont une nature humaine doit s’envisager par rapport à ses semblables ainsi qu’au reste de la nature s’en trouve réduit à une affaire de lobbying.
Ce nivellement intellectuel par le bas, donc, entraîne pour
sûr le reste dans sa chute. D’où le fait que Weber parle d’un désenchantement
du monde propre aux sociétés modernes. (Comprenez « sociétés occidentales
et démocratiques »…) En effet, la démocratie implique le libéralisme,
c'est-à-dire une extension infinie des droits incompatible avec la sensibilité
exacerbée que requiert la notion de contrastes émotionnels. Je m’explique :
Compte tenu de l’inclination naturelle de la nature humaine à l’égoïsme,
c'est-à-dire tout simplement à l’expression débridée des instincts, lui laisser
le champ libre par la démocratie impliquera que ces instincts gagneront
continuellement du terrain, de sorte à instrumentaliser l’environnement. (Que
cela se traduise par un océan de plastique dans le pacifique nord ou par une
« gadgetisation » de l’enfant)
Il est en fait question d’une ultrarationalisation de l’environnement qui en aseptisant des pratiques culturelles par l’autocontrôle (Norbert Hélias en parle très bien) qu’elle induit leur fera perdre leur sens de sorte à les éliminer à long terme. La laïcité exemplifie cette tendance.
Mais la démocratie dans son essence nivelante même annihile le simple processus de contrastes émotionnels à l’origine de toute sensibilité. D’où l’addiction aux jeux vidéo et autres écrans tactiles ainsi que le succès des manèges à sensation, autant de phénomènes qui traduisent un besoin de stimuli comme compensation d’un manque d’exercice de la sensibilité.
Nous en revenons donc à ce qui a été dit dans l’article précédent : Contrairement aux autres espèces, c’est à l’homme de s’autoréguler. S’autoréguler pour que cette instrumentalisation de l’environnement, c'est-à-dire la rationalité mise au service des instincts ne détruise pas notre système de valeurs et la sensibilité qui en découle.
Il est en fait question d’une ultrarationalisation de l’environnement qui en aseptisant des pratiques culturelles par l’autocontrôle (Norbert Hélias en parle très bien) qu’elle induit leur fera perdre leur sens de sorte à les éliminer à long terme. La laïcité exemplifie cette tendance.
Mais la démocratie dans son essence nivelante même annihile le simple processus de contrastes émotionnels à l’origine de toute sensibilité. D’où l’addiction aux jeux vidéo et autres écrans tactiles ainsi que le succès des manèges à sensation, autant de phénomènes qui traduisent un besoin de stimuli comme compensation d’un manque d’exercice de la sensibilité.
Nous en revenons donc à ce qui a été dit dans l’article précédent : Contrairement aux autres espèces, c’est à l’homme de s’autoréguler. S’autoréguler pour que cette instrumentalisation de l’environnement, c'est-à-dire la rationalité mise au service des instincts ne détruise pas notre système de valeurs et la sensibilité qui en découle.
La deuxième idée s’apparente au phénomène de basculement d’une force à l’autre qui rythme la politique donc a fortiori l’histoire depuis toujours. Dans l’extrait, cela s’illustre par le fait que les pauvres prennent l’ascendant sur les oligarques et dans cet élan les tuent. Si le bipartisme à l’américaine est actuellement dénoncé dans les sphères dissidentes, qu’elles se réclament de l’extrême droite ou de l’extrême gauche, ça n’est pas en vertu de sa nature, mais de la façon dont il s’exerce. Le bipartisme UMP-PS pour prendre l’exemple de la France devient impopulaire parce qu’il ne représente plus l’affrontement de deux forces, s’apparentant comme on le sait à une seule et même doctrine libérale, et donc libéralo-libertaire puisque l’un ouvrant la voie à l’autre comme l’analyse très justement Michéa. Dans ce cadre, la montée du FN apparaît comme légitime dans le sens où elle est sur l’échiquier politique l’expression la plus radicale possible d’un contre-pouvoir en mesure de faire bloc. Mais, j’aurais très bien pu prendre l’exemple d’une hégémonie américaine en place depuis 60 ans donnant actuellement lieu à un sévère retour de manivelle russe sur la scène géostratégique internationale, et d’autant plus idéologiquement, puisque outre les enjeux monopolistiques, on a affaire à ce qu’Aymeric Chauprade qualifie très justement de lutte entre matérialisme et traditionalisme. On a affaire à l’éternelle lutte politique de ceux qui érigent l’individu en valeur suprême et ceux qui lui préfère la transcendance morale ou communautaire.
Kant a essayé de réconcilier individu et bien commun sans grand succès. S’il a très bien identifié et décrit la rectitude avec laquelle la morale s’impose à l’esprit, son erreur a été de ne pas prendre en compte la réalité dans laquelle cette morale s’inscrit nécessairement. De sorte qu’elle ait vocation à se plaquer à cette réalité sans en épouser les subtilités, ce qui crée une dissonance entre ces deux éléments. Voilà pourquoi il est toujours plus approprié de parler de bon sens plutôt que de morale qui implique la notion de pureté, d’absence de mélange. Notons également que cette absence de nuance dans la pratique de la morale a légitimé les philosophies dégénérées de Rawls ou d’Habermas ayant fait d’elle un hideux outil « progressiste » visant à la conquête de l’individu du plus de droits possible au prétexte que c’est ce que tous voudrait vouloir. Certainement pas Kant, en tout cas…Et c’est la raison pour laquelle il n’est pas allé jusqu’au bout de sa logique concernant son projet de paix perpétuelle assurée par un gouvernement mondial.
Si le jeu politique est voué à être binaire, toute action
dissidente a vocation à en contrebalancer une autre de sorte à l’annuler. Mais cette raison de compensation d’une force par une autre au sein d’un processus naturel
de régulation n'est pas sa seule explication. C’est aussi parce que l’homme, tiraillé qu’il est entre raison,
sensibilité et instincts est incapable de s’objectiver assez pour tenir une
ligne de crête entre deux blocs de pouvoir qui s’affrontent, quand il n’adopte
pas délibérément des positions dénuées de nuances (ou extrémistes). Il s’en
trouvera donc comme magnétisé par l’un ou l’autre bloc de pouvoir selon sa
sensibilité politique, sa culture, ect. Magnétisme dont les effets auront
évidemment tendance à s’intensifier lorsque l’individu n’est pas confronté à
l’altérité, et c’est pour cela que la plupart des groupuscules politiques ne véhiculent
pas des idées équilibrées, produits pour ainsi dire d’une macération extrémiste
savamment entretenue par leur affranchissement de la société et des critères de
sélection subjectifs et en grand nombre. Ici est donc à distinguer
« radicalité » et « extrémisme ». La première démarche
relevant du simple équilibrage des forces contraires quand l’autre consiste à
exclure tout ce qui ne proviendrait pas de son logiciel de pensée.
En effet, opposer une force à une autre n’implique pas systématiquement de rejeter cette dernière, puisqu’affirmer sa propre force implique de lui donner les moyens d’exister et de se déployer en la nourrissant de diversité, donc de forces adverses. Chaque force recèle sa part de lumière à partir de laquelle naîtra une part d’ombre, délicieux caprice de toute subjectivité qui est loin de tendre à la vérité.
Il s’agit donc pour des élites dignes de ce nom de compenser la force d’une hégémonie par une autre tout en le faisant de façon assez dépassionnée pour anticiper les dommages collatéraux inverses qu’impliquerait l’émergence de cette deuxième force. Pour cela, il s’agit d’entretenir une certaine multipolarité, biodiversité au sein de l’opposition. Une démocratie dont le danger de nuisance serait cadenassé par la capacité des élites en question à s’objectiver ainsi que par un microclimat au cap idéologique clairement défini. « Suivre sa pente tout en la remontant », comme le disait Marguerite Duras.
En effet, opposer une force à une autre n’implique pas systématiquement de rejeter cette dernière, puisqu’affirmer sa propre force implique de lui donner les moyens d’exister et de se déployer en la nourrissant de diversité, donc de forces adverses. Chaque force recèle sa part de lumière à partir de laquelle naîtra une part d’ombre, délicieux caprice de toute subjectivité qui est loin de tendre à la vérité.
Il s’agit donc pour des élites dignes de ce nom de compenser la force d’une hégémonie par une autre tout en le faisant de façon assez dépassionnée pour anticiper les dommages collatéraux inverses qu’impliquerait l’émergence de cette deuxième force. Pour cela, il s’agit d’entretenir une certaine multipolarité, biodiversité au sein de l’opposition. Une démocratie dont le danger de nuisance serait cadenassé par la capacité des élites en question à s’objectiver ainsi que par un microclimat au cap idéologique clairement défini. « Suivre sa pente tout en la remontant », comme le disait Marguerite Duras.
lundi, mars 10, 2014
♪ DowN to tHe Park - Gary Numan & Tubeway ARmy
Si le particulier est une façon détournée d’accéder à l’universel, ou du moins à l’intersubjectivité humaine qui est la nôtre (induction), cette dernière se plaque à l’inverse sur le réel par le biais de la morale en grande partie, comme par nécessité de garantir la survie de l’espèce en empêchant les hommes de trop s’entretuer, même si des éclats de vérités peuvent surgir d’événements intenses émotionnellement ou rationnellement, semblables à des comètes traversant le ciel devant nos yeux. Une forme de révélation.
L’universel s’apparente à quelque chose de lointain, de froid et d’étincelant quand le particulier ressemble à ces sentiers de terre bordés de marronniers à travers lesquels transparaît par intermittence la lumière pâle et délicieusement surannée d’un début d’automne. Ces sentiers sont autant de voies remontant vers l’horizon aveuglant et attirant à la fois de l’universel. Autant de disciplines, autant d’arts permettant de s’essayer à ériger des perceptions et des sensations en vérités immuables grâce à un outil intuitif inné. Tous les entrevoient, certains mieux que d’autres, mais avons-nous les moyens d’accéder au grand ordonnancement ?
A cet égard, une chose est claire. La quête effrénée de l’homme vers la vérité, qu’elle soit pluridisciplinaire comme jadis ou dans le cadre de la division du travail et d’une société cybernétique mondialisée comme aujourd’hui démontre qu’il est fondamentalement relié à cette vérité en tant que fragment de ce qu’elle englobe, c'est-à-dire l’univers. Le fait de se sentir connecté de la sorte et de le constater avec une morale s’imposant à nous et les fulgurances évoquées précédemment est pour le moins désarçonnant. Bien sûr, ces connections pour ainsi dire "interfragmentaires" ne sont ni linéaires, ni identiques. Reste que tout est affaire d’équilibre, et pas qu’entre particulier et universel, car la vie est un processus de régulation, même s’il est sans cesse mis à l’épreuve par les lubies de l’homme qui essaye de s’arracher à ces déterminismes par la rationalité. On pourrait considérer, à l’instar des écologistes en vogue, que cette rationalité émanant de l’homme, qui est nature, ce qu’elle mettrait en œuvre aurait forcément une légitimité naturelle. Sauf que la rationalité étant précisément ce qui différencie l’homme des autres animaux donc de la nature, (du moins ce que nous en connaissons à l’échelle de la planète) elle est à fortiori culture, réflexivité de la nature sur elle-même. Si c’est l’homme qui détient cette réflexivité sur la nature, alors il lui appartient également d’en user sur la sienne en trouvant l’équilibre entre sensibilité, raison et instincts.
lundi, décembre 02, 2013
vendredi, novembre 29, 2013
♭ FiNishing Jubilee Street - Nick Cave & THe Bad Seeds
Le bon goût est par essence discriminant car son rôle est de nous
doter aux yeux des autres d’une certaine prestance. Le bon goût
est la mise en musique d’un feeling esthétique qui donnera en
quelque sorte de l‘épaisseur à l‘image de nous que nous voulons
renvoyer à la société. Il a donc vocation à montrer la direction
du beau afin de se démarquer de la masse par des procédés
distinctifs savamment entretenus. C’est flagrant dans le milieux de
la mode, de la haute-couture et dans les milieux aisés qui en
insistant sur la promotion de codes esthétiques qu’il est de mise
ou chaudement conseillé de suivre, vont s’ériger en modèle, en
maître à penser en matière de respectabilité de l‘image. Deux
enjeux du bon goût apparaissent donc : L’évidence d’être
connecté au monde par le biais de la mode et de vibrer ainsi avec
lui au son du progrès et l’évidence d’un élitisme à l’inverse
conservateur qui est celui de l’entre-soi social.
On va
ainsi miser sur des codes de langage, une manière de se tenir, des
accessoires, des associations de couleurs, de textures particulières
ou des mouvances artistiques pour dresser le paravent de l‘exception
esthétique entre une communauté et le reste du monde ou de la
société. La notion de beauté est donc très relative aux tendances de la mode qui sont influencées par des normes sociales qui évoluent. Dans les milieux aisés, c’est le même processus
en moins rapide. Il faut ajouter à cela des signes de distinction
supplémentaires, notamment chez la grande bourgeoisie, qui se
renouvelleront exclusivement par rapport aux classes sociales les
moins élevées : On remarque par exemple que la marque Gucci, après
avoir été pendant des années sujette à la contrefaçon, n’est
plus du tout en vogue.
Si le
bon goût tire sa relativité du besoin d’être marqué du sceau
des milieux autorisés pour être reconnu
comme tel, quelques invariants se détachent. Non pas en terme de
fonctionnement, qui est depuis toujours le même en raison de sa
finalité, la distinction mais en substance. C’est ce qui donne à penser que la
beauté a tout de même une grande part d’universel, et pour cause, la
sensibilité est la même pour tous les êtres humains.
La communauté du bon goût reconnaîtra donc les siens parmi ceux qui seraient les plus à-mêmes de se servir de leur sensibilité, et plus exactement de leur « feeling ». Mais si les critères du bon goût varient avec la société, ce n’est pas que parce qu’ils en émanent, mais aussi parce qu’ils constituent une appropriation par la sensibilité de cette société. Une adaptation à elle. Le processus est également inverse, et c’est pour cela qu’en tout temps, on peut globalement remarquer que des caractéristiques propres au bon goût apparaissent face à l’obscurantisme du peuple. Peuple dont la sensibilité n’aurait pas été éduquée par la beauté, qui, au même titre que la morale universelle, lui aurait montré le chemin de la vérité éternelle. Une sorte de réminiscence.
La communauté du bon goût reconnaîtra donc les siens parmi ceux qui seraient les plus à-mêmes de se servir de leur sensibilité, et plus exactement de leur « feeling ». Mais si les critères du bon goût varient avec la société, ce n’est pas que parce qu’ils en émanent, mais aussi parce qu’ils constituent une appropriation par la sensibilité de cette société. Une adaptation à elle. Le processus est également inverse, et c’est pour cela qu’en tout temps, on peut globalement remarquer que des caractéristiques propres au bon goût apparaissent face à l’obscurantisme du peuple. Peuple dont la sensibilité n’aurait pas été éduquée par la beauté, qui, au même titre que la morale universelle, lui aurait montré le chemin de la vérité éternelle. Une sorte de réminiscence.
Ces
caractéristiques du bon goût relèvent d’une attitude globale
d’une personne que l’on peut nommer « élégance ».
Il s’agit d’une aisance dans le rapport à soi, au corps et à
l’environnement qui consiste à incarner avec intelligence sa
propre personnalité tout en étant en adéquation avec ces trois éléments.
L’élégance, c’est donc connaître sa nature profonde pour la
faire raisonner en harmonie avec les particularités du monde, y
compris et d’abord les siennes. Cela s’illustre parfaitement avec
la notion de tact, qui est une forme de bon goût : En avoir
nécessite une connaissance assez bonne de ce que l'on veut exprimer et de son
environnement immédiat pour le faire avec subtilité et au moment opportun.
En définitive, on peut dire que le bon goût va à contre-courant de cette époque. On peut le considérer comme étant viscéralement une valeur de droite dans le sens où il se tient raide comme un cap au milieu du brouillard relativiste de la facilité. Non la droite décadente, imbibée de son époque, dont le maître-mot est l’hédonisme, traduisez gloire et débauche. La vraie droite, chevillée à des valeurs faisant d’une société quelque chose de grand, sur le plan moral comme ici, esthétique. Au milieu du saccage des valeurs au nom du seul utilitarisme du plaisir, le bon goût est devenu l’une des seules boussoles que nous ayons à notre disposition. Dans cette époque d'apparat, il est devenu la seule façon reconnue de tous pour réaliser sa nature profonde en symbiose avec le monde. N'oublions pas que ce monde, c'est avant tout la nature brute. Wilderness.
En définitive, on peut dire que le bon goût va à contre-courant de cette époque. On peut le considérer comme étant viscéralement une valeur de droite dans le sens où il se tient raide comme un cap au milieu du brouillard relativiste de la facilité. Non la droite décadente, imbibée de son époque, dont le maître-mot est l’hédonisme, traduisez gloire et débauche. La vraie droite, chevillée à des valeurs faisant d’une société quelque chose de grand, sur le plan moral comme ici, esthétique. Au milieu du saccage des valeurs au nom du seul utilitarisme du plaisir, le bon goût est devenu l’une des seules boussoles que nous ayons à notre disposition. Dans cette époque d'apparat, il est devenu la seule façon reconnue de tous pour réaliser sa nature profonde en symbiose avec le monde. N'oublions pas que ce monde, c'est avant tout la nature brute. Wilderness.
mardi, octobre 08, 2013
♪ Vanessa Paradis - SundAys Mondays
Le rire nous paraît
futile, vulgaire ou même immoral. Il est le résultat d’une crue
réflexivité qui consiste en une vision englobante d’une existence
humaine. Et lorsqu’on la considère avec froideur, sans les
froufrous des mondanités et autres finalités suprêmes qui en
perdent leur sens à mesure que nous remontons la chaîne infinie des
causalités, que reste-il ? Le non-sens. Cette absurdité
s’impose à nous dans des situations précises qui ont toutes en
commun d’être particulièrement humiliantes, parce qu’elles sont
nées d’une dissonance entre le sérieux avec lequel nous
hiérarchisons les choses et une réalité dont la différence de
plan sur laquelle elle se situe nous rappelle à quel point ces
choses en question sont futiles et a fortiori nous, au regard ne
serait-ce que du monde. C’est alors que, légèrement plus désabusé
que la fois précédente, nous nous réengouffrons dans la brèche de
l’instant présent pour nous enivrer de mondanités et pourquoi
pas, au passage, enfanter des étoiles. Pourvu qu’elles soient
assez universelles pour réduire en éclats le plafond de verre du
ridicule de notre finitude. Avoir la volonté de donner un sens à sa
vie, c’est donc cela : s’efforcer comme on le peut de semer
de l’harmonie dans la laideur absurde d’une noblesse entrant en
confrontation avec les choses les plus vaines.
Le rire vise à se
réconcilier avec la laideur sans la réformer. Il n’en demeure pas
moins décisif, car il témoigne d’une grande prise de conscience
de notre condition et de la dichotomie qui existe entre ce qui est
fondamentalement important et ce qui ne l’est pas. De plus, il
n’est pas immoral, car il est en fait amoral : Il dépasse ce
triste constat pour le replacer dans le cadre du monde sensible et
ainsi jouir de lui de la façon la plus minimaliste, la plus
prosaïque qui soit. Le rire est donc délicieusement cynique : Il se
moque d’une condition humaine tout en s’y complaisant
ouvertement.
lundi, septembre 23, 2013
♫ VoodoO Soul - Driving Dead girl
Une
culture doit être le produit de sa vie interne et externe
: Laisser filtrer une diversité
naturelle
relativement à une harmonie qui consisterait à la fondre
dans une
nature européenne.
Est
naturel à mes yeux ce qui relève de l'équilibre. Dans
ce tumulte mondialiste organisé par les puissances d’argent, nous
devons
à notre tour nous organiser en légiférant
pour y parvenir
: Le combat d’un retour à une volonté d’adéquation avec la
nature contre la décadence culturelle d’un déséquilibre. Celui
d’une volonté affaiblie ou grignotée par la violence d’instincts
égoïstes laissés en friche par l‘air du temps individualiste.
Vivre la
nature repose sur l'équilibre,
les
modalités
qui découlent
de son fonctionnement le prouve : nuance,
régulation, délibération...
Aucun peuple par le passé n’a
réussi à éradiquer de présence allogène
ou étrangère à son essence.
Voilà en quoi le
discours d’une certaine frange ultraréactionnaire ou
se
revendiquant par des méthodes ouvertement discriminantes d’une
identité nationale ou européenne ne s’inscrit pas dans une
véracité naturelle.
A mon sens, il existerait
une
grande
mosaïque
culturelle humaine parcourue d'autant de teintes qu'il y a de modes
de vie. Et ceux-ci mutent
avec leur temps, il faut l‘accepter.
En effet, la
France est un mélange d'influences culturelles successives. Il
s'agit de l'homogénéifier sans stopper ce processus naturel
et tout en veillant à sa conformité avec les particularités du
monde sensible.
Des
frontières doivent être comme la peau: laisser passer l'air pour
faire muter une culture en
conformité avec la notion naturelle d’équilibre tout
en protégeant l'organisme,
c’est-à-dire l’essence de cette culture, émanation d’une
nature physiologique.
Des cultures
mutent en fonction de la technique, de l'idéologie et des flux migratoires, phénomènes ancestraux
: Si
l’on
avait une pratique plus équilibrée de la technique et du
libéralisme, le rééquilibrage migratoire, qualitatif comme quantitatif
se
ferait.
Je suis toujours déconcertée par la facilité avec laquelle la
réacosphère accepte d’être envahie
par la technologie en
comparaison à la violence avec laquelle elle refuse
la mutation charnelle d'une culture.
C’est probablement parce que la façon dont les machines aliènent
notre sensibilité en l’aseptisant est beaucoup plus insidieuse que
l‘agression esthétique que représente l‘immigration de
peuplement que nous vivons. La préservation physiologique de la nature comme condition exclusive de la mutation
légitime d'une civilisation et des cultures qui s'y rapportent en tant
que celles-ci doivent émaner de la nature est ainsi de mise. Cependant, il ne s'agit pas de préserver
cette adéquation peuple-nature que du point de vue identitaire,
c'est à dire de la question de la substance ethnique ou de tradition
commune. La question du mode de vie doit elle aussi être travaillée pour
veiller à ce que la continuité d'un peuple entre ses racines naturelles et ses aspirations se perpétue dans une dimension qui ne soit plus seulement physiologique
et sociale (cohésion induite par les traditions issues de la religion)
mais encore philosophique et même métaphysique au sens littéral du
terme. Ainsi, les questions de bioéthique ou encore portant sur la place
que nous devons attribuer à la technique, ect. devront être creusées
sérieusement. Car si nous parlons constamment de la menace d'altération
de notre culture légitime par des peuples qui ne contiendraient pas en
eux les capitaux nécessaires pour continuer à la faire vivre pour des
siècles et des siècles (déterminisme physiologique), qu'en est-il des
conséquences culturelles et cognitives de l'omniprésence de la technique
?
J'ai un début de réponse à cette question : L'aseptisation des idées et
l'"asexuation" des corps auxquelles nous assistons ne sont pas dus à un
phénomène de féminisation, comme le disent les nostalgiques du
patriarcat. (et contre lesquels je n'ai aucun grief, n'étant moi-même
pas féministe, soit dit en passant) Il ne s'agit à mon sens que de
symptômes parmi tant d'autres d'une déconnexion littérale de la réalité
nous faisant nier celle-ci.
Le multiculturalisme, la théorie du genre, ect. sont des théories qui
s'inscrivent dans un contexte hyper-technologisé où l'on n'est plus aux
prises avec les choses les plus évidentes faute de pouvoir les
interpréter dans toute leur sensibilité, c'est à dire sans y injecter la
rationalité induite par le système des machines qui jalonne notre
quotidien. Mais cette tendance n'est malheureusement pas nouvelle. Elle a
même été initiée ici avec la French theory dont Sartre est le père
fondateur. Pour faire bref, la French theory peut être rapportée à cette
fameuse assertion de Simone de Beauvoir qui consiste à dire qu' "on ne
naît pas femme, on le devient" que Sartre va étendre à tous les domaines
pour instituer son concept de liberté.
Pour en revenir à la question identitaire, l’enjeu n’est pas le
mélange d’humains à
d'autres, phénomène naturel. Elle est de décider pour nous chez
nous.
Depuis
toujours, des gens de partout sont venus sur le territoire. La
différence, c'est qu'on avait le droit de réguler ces flux.
La
colonisation de l'Algérie,
tout comme celle que nous vivons actuellement en Europe et toutes les
colonisations qui se sont produites dans le monde d’ailleurs,
n'a pas été un processus naturel puisque les autochtones,
au même titre que notre désarmement moral et législatif,
n’ont
pas été en mesure de réguler
ce phénomène.
Mais, pour ne pas sombrer dans la caricature, n’oublions pas que
Levi-Strauss, contrairement à ce que disent les obsédés du « grand
remplacement » qui n‘ont pas compris la notion de porosités
naturelles, ne
prônait pas l'autarcie ! Il
prônait
une surdité des cultures les unes envers les autres afin qu'elles
mutent progressivement et restent ainsi
diverses.
Là on
pourra
ainsi parler
de richesse
de l‘espèce humaine.
Reste ensuite
à
veiller à ce que les autochtones soient en adéquation avec une
nature locale
ou que cette dimension normative soit prise en compte dans une politique, pour qu‘ils se fondent à elle et que
la typicité substancielle des peuples européens soit préservée, respectée de façon pérenne.
Et de façon plus pragmatique, considérons que si
la
population migratoire est régulée,
elle s'assimilera
assez à une
culture
pour que nous acceptions que
celle-ci mute
en retour,
toujours en conformité avec la nature : suivre la pente des aléas
de l’histoire tout en la remontant.
jeudi, septembre 12, 2013
♭ Aphex tWin - phlOam
J'ai reçu un héritage musical très riche de la part de mon père et rien que pour cela, je lui serai toute ma vie reconnaissante. Depuis enfant, j'ai eu la chance d'avoir été sensibilisée à une si grande diversité d'influences musicales qu'elle peut désormais rythmer ma vie, apportant le supplément d'âme adéquat à ses montagnes russes. La musique accompagne mes humeurs et mes pensées, à la fois fidèle à elle-même et en les revitalisant, en leur donnant toujours plus de sens et de saveur. Et même lorsqu'une chanson ne correspond pas à ce qu'il se passe dans ma tête ou mon environnement, c'est comme si elle s'y fondait, de sorte à modifier un état d'esprit ou à me faire envisager une situation sous un autre angle. D'où vient cette souplesse ?
La musique est l'ironie-même. L'évanescence des notes fait d'elle un art dont la légèreté s'accommode de la transcription des mélodies les plus subtiles, donc les plus fortes. Il s'agit d'une beauté suggérée émanant d'un délicieux paradoxe. C'est en cela que la musique est l'art qui parle au plus de monde : sa beauté n'est pas brute, elle se dilue dans la succession des notes, se rendant ainsi accessible dans ses grandes nuances.
Il en est de même concernant le sens d'un morceau : Une histoire est racontée; Comme toutes les histoires, une morale ou un message y apparaît en filigrane. Mais le fait que l'une ou l'autre soit délivré de façon détournée, c'est à dire au sein d'une altérité sans cesse renouvelée par l’enchaînement des teintes musicales (notes en mineur et en majeur) lui confère une universalité à taille humaine, et même intime. Une éternité à la fois immanente à ces teintes musicales en ce que celles-ci relaient une mélodie qui va générer des émotions, et transcendante à elles, car cette mélodie, bien qu'elle résulte d'une technicité instrumentale, est bel et bien le produit d'une intention préalable. Ce qui en fait, même dans la spontanéité d'une improvisation de jazz, quelque chose de rationnel.
Je me suis toujours interrogée sur l'origine de ma grande inclination pour la musique. Je pense qu'au delà de l'habitus ou de mes traits de personnalité, la musique m'est destinée; Elle est d'ailleurs destinée à chacun de nous car elle constitue l'art le plus fascinant qui soit. A la fois frivole dans son insaisissabilité et narrative, elle nous chuchote des vérités à l'oreille.
Si nous sommes insatiables de musique, c'est parce que nous attribuons à la véracité immuable d'un message délivré par une mélodie la légitimité de résonner en nous comme des incantations.
Car l'anticonformisme est non seulement une forme de conformisme, mais il est à bannir à plus forte raison en musique, dont le message ne peut être délivré qu'avec la mélodie qui lui correspond, faute effectivement de lui faire perdre toute cohérence. Ce qu'il y a de fascinant là dedans, et même dans la musique en général, c'est le lien inaltérable entre rationalité et sensibilité : l'adéquation nécessaire de ces deux choses apparaît de façon parfaitement distincte. Le message, qui n'est délivré qu'à travers ce qu'évoque une succession de notes a quelque chose de très abstrait, certes, mais il n'en n'est pas moins intense émotionnellement pour autant lorsque l'adéquation est respectée. Et c'est ce qui implique que la musique soit à mon sens l'art le plus grand.
La musique est l'ironie-même. L'évanescence des notes fait d'elle un art dont la légèreté s'accommode de la transcription des mélodies les plus subtiles, donc les plus fortes. Il s'agit d'une beauté suggérée émanant d'un délicieux paradoxe. C'est en cela que la musique est l'art qui parle au plus de monde : sa beauté n'est pas brute, elle se dilue dans la succession des notes, se rendant ainsi accessible dans ses grandes nuances.
Il en est de même concernant le sens d'un morceau : Une histoire est racontée; Comme toutes les histoires, une morale ou un message y apparaît en filigrane. Mais le fait que l'une ou l'autre soit délivré de façon détournée, c'est à dire au sein d'une altérité sans cesse renouvelée par l’enchaînement des teintes musicales (notes en mineur et en majeur) lui confère une universalité à taille humaine, et même intime. Une éternité à la fois immanente à ces teintes musicales en ce que celles-ci relaient une mélodie qui va générer des émotions, et transcendante à elles, car cette mélodie, bien qu'elle résulte d'une technicité instrumentale, est bel et bien le produit d'une intention préalable. Ce qui en fait, même dans la spontanéité d'une improvisation de jazz, quelque chose de rationnel.
Je me suis toujours interrogée sur l'origine de ma grande inclination pour la musique. Je pense qu'au delà de l'habitus ou de mes traits de personnalité, la musique m'est destinée; Elle est d'ailleurs destinée à chacun de nous car elle constitue l'art le plus fascinant qui soit. A la fois frivole dans son insaisissabilité et narrative, elle nous chuchote des vérités à l'oreille.
Si nous sommes insatiables de musique, c'est parce que nous attribuons à la véracité immuable d'un message délivré par une mélodie la légitimité de résonner en nous comme des incantations.
Car l'anticonformisme est non seulement une forme de conformisme, mais il est à bannir à plus forte raison en musique, dont le message ne peut être délivré qu'avec la mélodie qui lui correspond, faute effectivement de lui faire perdre toute cohérence. Ce qu'il y a de fascinant là dedans, et même dans la musique en général, c'est le lien inaltérable entre rationalité et sensibilité : l'adéquation nécessaire de ces deux choses apparaît de façon parfaitement distincte. Le message, qui n'est délivré qu'à travers ce qu'évoque une succession de notes a quelque chose de très abstrait, certes, mais il n'en n'est pas moins intense émotionnellement pour autant lorsque l'adéquation est respectée. Et c'est ce qui implique que la musique soit à mon sens l'art le plus grand.
dimanche, juillet 21, 2013
♭ we haven't turned Around - Gomez
Pas plus tard qu’il y a quelques semaines, j’ai encore fait une expérience de pensée saisissante. Le tourbillon bariolé des contingences de la vie est décidément une source d’inspiration inépuisable… Il ne cesse de nous révéler à nous-même.
Ce moment fut nietzschéen. La victoire de l’intrépidité sur les ressentiments larvés. Le oui à la vie et tout son fatras, par delà le bien et le mal, comme antiseptique à la laideur humaine. J’ai une vision plutôt kantienne de l’existence et du fonctionnement de la morale. La justice, qui comme nous l’avons évoqué précédemment émane de la raison sous la forme du respect, est une loi inconditionnée qui doit prévaloir dans les rapports humains en tant qu’affranchissement de la nature nécessaire à notre pleine réalisation. Une fois cette rationalité de cœur appliquée, la sensibilité et les instincts n’auront qu’à coloniser les vides laissés par la raison de sorte à recréer au sein de la nature un enracinement maintenant ainsi l’homme dans l’équilibre auquel il se destine.
Seulement, quelque chose de plus grand encore transcende la règle morale devant régir les rapports humains. C’est que cette règle régit l’ensemble de l’univers. C’est la vie. L’autre jour, je me suis retrouvée au soir à près de 500 bornes de chez moi sans argent, sans voiture, sans personne à l’horizon pour venir m’aider. Et pourtant, je suis allée au devant de tous ces obstacles et m’en suis tirée. Et je suis convaincue qui si tout s’est à peu près goupillé pour que j’y arrive, c’est parce que je suis en bonne santé.
Avoir la force de ne m’en remettre qu’à mes seules ressources pour composer avec cette situation m’a démontré que quoi qu’il se serait passé de plus malencontreux, j’aurais poursuivi avec fougue car je suis mue par la volonté de puissance: Une croissance instinctive en opposition au déclin de la maladie dont le symptôme aurait consisté par exemple à me poser en victime. Dieu m’en garde, je ne suis pas plus rongée par les remords que par la rancœur. Bien que des relations puissent être définitivement brisées -le pardon étant affaire de sensibilité- la cicatrisation de mon âme est faite. Mais ça n’est pas pour autant qu’un préjudice ne sera pas vengé par une fidélité envers la morale qui m’habite si l’occasion se présentait. Or, ce qu’on appelle l’ironie du sort s’arrange toujours pour nous mettre face à ce qui ne tourne pas rond en nous. La nature, dont les rouages peuvent être parasités par la technique, demeure si bien faite !
lundi, juillet 01, 2013
♭ ColouRING Of PIGeoNs - tHe kNife
Cette
dernière semaine, j’ai compris quelque chose d’assez
fondamental: Je ne choisis pas les gens qui feront partie de ma vie
en fonction de leur sang, d’une sympathie ou même d’un amour que
j’aurais pour eux mais du rapport que j’ai à eux.
Ce rapport sera avant tout autre chose un rapport de respect ou ne sera pas.
On fait tous partie de la même famille, puisqu’on provient de la même souche. L’argument qui consiste à dire qu’avoir été mis au monde par deux personnes leur donne le droit de nous traiter comme bon leur semble est donc erroné, il ne repose que sur du conformisme. Nous ne sommes pas dans un rapport animal, instinctif d’union inconditionnelle d’une mère à son petit. Il ne faut pas oublier d’y intégrer la dimension culturelle. Il s’agit précisément de la notion de respect. Et pour cause, la raison dont il émane est l’unique chose qui nous distingue des animaux. (18 gènes humains sur 24 000)
Ce rapport sera avant tout autre chose un rapport de respect ou ne sera pas.
On fait tous partie de la même famille, puisqu’on provient de la même souche. L’argument qui consiste à dire qu’avoir été mis au monde par deux personnes leur donne le droit de nous traiter comme bon leur semble est donc erroné, il ne repose que sur du conformisme. Nous ne sommes pas dans un rapport animal, instinctif d’union inconditionnelle d’une mère à son petit. Il ne faut pas oublier d’y intégrer la dimension culturelle. Il s’agit précisément de la notion de respect. Et pour cause, la raison dont il émane est l’unique chose qui nous distingue des animaux. (18 gènes humains sur 24 000)
En
conséquence, le fondement de respect d’une relation puise lui-même
sa légitimité dans la chose suivante : Essayer.
Essayer de garder le cap au milieu des broussailles de l‘expérience empirique.
Essayer de garder le cap au milieu des broussailles de l‘expérience empirique.
Cet
effort n’est même pas constant, bien que nous sachions toujours
exactement ce qu’il convient de faire, et ce dans n’importe
quelle situation.
La
sensibilité et les instincts n’ont de cesse de nous faire osciller
entre morale, amour et égoïsme. Mais, la raison sera toujours là pour nous donner mauvaise conscience, nous
rappelant ainsi la suprématie de sa manifestation, le respect, sur tout autre sentiment.
La violence est son inverse. Elle est un déploiement
naturel de l'instinct de survie face à la douleur inconsolable d’un être
pris au piège de l’inopérance morale. Cette violence consiste en un déchaînement d'animosité qui sera transposée dans des rapports humains comme expression d'un refus ou d'une impuissance à faire usage de raison.
L'individu se réfugie dans le monde sensible pour s'accommoder de cela. Une réponse morale à la violence doit à son tour s'exprimer dans le monde sensible. Pour être perçue par l'autre et pouvoir le tenir à nouveau en respect en faisant acte d'une force égale de sensibilité.
La lumière de la morale nous éclairera de sorte à marcher droit tant que nous aurons les valeurs universelles de la raison au cœur.
Belle est l’intelligence.
Ceux ayant fait le choix de mettre leur rationalité au service de leurs seuls intérêts, lubies ou névroses sont de méprisables utilitaristes de la pensée. Le film Buffet froid mettait parfaitement le doigt sur cette gangrène de notre époque.
La lumière de la morale nous éclairera de sorte à marcher droit tant que nous aurons les valeurs universelles de la raison au cœur.
Belle est l’intelligence.
Ceux ayant fait le choix de mettre leur rationalité au service de leurs seuls intérêts, lubies ou névroses sont de méprisables utilitaristes de la pensée. Le film Buffet froid mettait parfaitement le doigt sur cette gangrène de notre époque.
vendredi, juin 21, 2013
♫ Led ZeppliN - bRon-y-Aur-stomP
Texte que je lirai lors du rassemblement des Veilleurs pour la famille
qui se tiendra ce mardi de 21h à 23h Place de l'opéra à Lille.
Si j’ai voulu écrire ce texte pour vous ce soir, ce n’est pas par religiosité, contrairement à ce que ces gens veulent faire croire à tout le monde. D’abord parce que la laïcité implique que des convictions religieuses ne soient imposées à personne, et surtout pas sur l’espace public. Ensuite parce que je pense qu’il est inutile d’aller jusqu’à invoquer Dieu pour s’apercevoir de l’effrayante absurdité du monde que l’on nous promet pour demain. En effet, la question n’est pas de savoir quelle est la volonté d’un grand architecte de la nature. Son œuvre parle d’elle-même. Son essence est la perpétuation de la vie. C’est donc la reproduction qui donne un sens à la nature en la faisant renaître de ses cendres à mesure que la mort gagne du terrain sur le monde des vivants. La reproduction comme régénérescence pour l‘équilibre, ultime finalité d‘un univers dont l‘ordonnancement dépasse la raison.
S’il est de bon ton de remettre en cause l’altérité permettant cette perpétuation, tant du point de vue de sa réalité biologique que des caractéristiques naturelles qui en découlent, c’est donc peut-être que cette époque est profondément mortifère. Mortifère car elle prône la dégénérescence. Certains la nomment avec une certaine fierté « décadence ». Comprenez qu’il soit « cool » d’être underground. Sauf que ces jeunes gens que vous avez sous les yeux n’ont en fait rien de visionnaire. Ils sont même les purs produits de leur société. Ils se contentent de recracher avec toujours plus de virulence à mesure qu’il s’en convaincs les slogans soixanthuitards de leurs parents qui imprègnent encore les papiers de la plupart des journalistes qu‘on laisse s‘exprimer.
La question est donc la suivante : Voulons-nous de ce monde où tout ne serait que culture ? Voulons-nous de ce monde où l’on nous désigne le progrès comme un éternel affranchissement de ce que nous sommes ? Voulons-nous renier ce que nous sommes en imprimant à la nature le sceau d’une vanité consistant à lui imposer nos lubies ?
Veillons. Veillons sur nous-mêmes et sur les autres pour ne jamais oublier que ces lubies, fruits de l’individualisme tout-puissant qui règne sur cette époque n’est rien en comparaison de la cohérence du monde. Et si l’homme essaye de rivaliser avec elle par la technique ou l’idéologie progressiste, un jour ou l’autre, la boucle du cycle naturel se refermera tant bien que mal sur ce monde pour faire système et nul ne peut savoir ce qu’il adviendra de cette fatalité.
Si j’ai voulu écrire ce texte pour vous ce soir, ce n’est pas par religiosité, contrairement à ce que ces gens veulent faire croire à tout le monde. D’abord parce que la laïcité implique que des convictions religieuses ne soient imposées à personne, et surtout pas sur l’espace public. Ensuite parce que je pense qu’il est inutile d’aller jusqu’à invoquer Dieu pour s’apercevoir de l’effrayante absurdité du monde que l’on nous promet pour demain. En effet, la question n’est pas de savoir quelle est la volonté d’un grand architecte de la nature. Son œuvre parle d’elle-même. Son essence est la perpétuation de la vie. C’est donc la reproduction qui donne un sens à la nature en la faisant renaître de ses cendres à mesure que la mort gagne du terrain sur le monde des vivants. La reproduction comme régénérescence pour l‘équilibre, ultime finalité d‘un univers dont l‘ordonnancement dépasse la raison.
S’il est de bon ton de remettre en cause l’altérité permettant cette perpétuation, tant du point de vue de sa réalité biologique que des caractéristiques naturelles qui en découlent, c’est donc peut-être que cette époque est profondément mortifère. Mortifère car elle prône la dégénérescence. Certains la nomment avec une certaine fierté « décadence ». Comprenez qu’il soit « cool » d’être underground. Sauf que ces jeunes gens que vous avez sous les yeux n’ont en fait rien de visionnaire. Ils sont même les purs produits de leur société. Ils se contentent de recracher avec toujours plus de virulence à mesure qu’il s’en convaincs les slogans soixanthuitards de leurs parents qui imprègnent encore les papiers de la plupart des journalistes qu‘on laisse s‘exprimer.
La question est donc la suivante : Voulons-nous de ce monde où tout ne serait que culture ? Voulons-nous de ce monde où l’on nous désigne le progrès comme un éternel affranchissement de ce que nous sommes ? Voulons-nous renier ce que nous sommes en imprimant à la nature le sceau d’une vanité consistant à lui imposer nos lubies ?
Veillons. Veillons sur nous-mêmes et sur les autres pour ne jamais oublier que ces lubies, fruits de l’individualisme tout-puissant qui règne sur cette époque n’est rien en comparaison de la cohérence du monde. Et si l’homme essaye de rivaliser avec elle par la technique ou l’idéologie progressiste, un jour ou l’autre, la boucle du cycle naturel se refermera tant bien que mal sur ce monde pour faire système et nul ne peut savoir ce qu’il adviendra de cette fatalité.

lundi, juin 10, 2013
♪ Shut Up - SavagES
La religion est cette espérance nous donnant le culot de
faire le pari d’une force transcendante à la vie. Une force formatrice comme
point de départ donc promesse d’aboutissement, de perfection à l’issue d’épopées
palpitantes. Toute cette aventure de rédemption consiste à se familiariser avec
une nature humaine éprouvante car tiraillée par les instincts, la sensibilité
et la raison. Egoïsme, amour et morale. Elle consiste également à donner un
sens à la vie dans ses moments les plus sordides pour nous préparer à la mort,
douleur la plus vive, celle qui nous met face contre terre, nez à nez avec la plus
éclatante preuve de l’absurdité de notre situation, à savoir la finitude
humaine. Comme le pensait Lucrèce, il est aussi absurde de craindre la mort que
de redouter ce qui a précédé notre venue au monde, puisque la désubstantialisation
ne concerne par définition ni notre être, ni notre âme. Lorsqu’on parle de
religion, il s’agit donc d’une démarche qui cherche à éclairer les raisons du
monde tel qu'il est. Non pas en se proposant d’en comprendre les rouages, mais en enveloppant
l’ineffable de son état de fait dans des fondements métaphysiques, éthiques,
moraux ou esthétiques, autant de justifications d'une réalité qui par le seul
miracle de son existence, ne peut être que parfaite.
Mais ces fondements ne sont-ils pas inhérents à la vie ?
N’ont-ils pas pour vecteur commun la volonté éternelle de l’homme doté de
raison de vouloir mettre des mots sur ses intuitions ? N’ont-ils pas pour
vecteur commun la philosophie ? Cette quête d’absolu dans la légitimation
de son existence par l’homme puise ses fondements dans une sensibilité teintée
d’une douleur sourde. La crainte toute naturelle de ce qui adviendra de sa
peau. Ce n’est donc pas la religion qui redonnera du relief à un monde où tout
a désormais vocation à couler de source, où règne le confort dont parlait
Nietzsche, celui qui consiste à n’avoir ni trop chaud, ni trop froid.
Où il n'y a plus de grand
péril, plus d'enjeux. Dans ce monde d’ultrarationalisation, les libertés ne doivent
plus s'entrechoquer afin de garantir la poursuite des intérêts individuels de
chacun au nom de ce que l'on appelle "progrès". Ca n'est pas ma
vision du progrès. Je ne veux pas que ça soit "cool", je veux du
sang, des larmes et des effusions de joie.
Le sacré comme rempart au relativisme mortifère ne
puise pas sa force dans l’après de la religion, mais dans une régénérescence de
la vie, c'est-à-dire le courage des contrastes émotionnels. Des toujours dans le jamais. Des éclats de vérité dans la
tiédeur de choses bâclées, de personnes à moitié aliénées et de causes honnêtes
en théorie et glauques en pratique. Un absolu dans le relativisme.
jeudi, mai 23, 2013
♭ Clones - archiVe
L’universalisme consiste à plaquer un ensemble de
règles que l’on estime constitutives de la nature humaine sur des individus.
Mais comment être sûr qu’établir leur nécessité absolue ne s’apparente pas à un
découpage dans le réel ? Comment être sûr que cet ensemble de règles ne
soit pas conditionné par l’aléatoire du monde sensible ou même de notre propre
raison ? Contrairement à ce qu’avance Kant pour poser les axiomes d’un
système de pensée cosmopolitique, la raison n’est pas neutre ! Non seulement
parce qu’elle n’est pas un fonctionnement qu’on puisse établir comme
nécessairement universel mais parce qu’elle est elle-même un découpage dans le
réel de principes particuliers. (Et si nous ne nous en rendons pas compte,
c’est que nous ne pouvons appréhender aucun autre fonctionnement mental que le
nôtre, preuve qu’il est bien contingent.)
Elle a un fonctionnement qui est certes indépendant du monde sensible, mais pas pour autant universel étant donné le fait qu’il ne soit pas nécessairement commun à tous les êtres capable d’appréhender la notion de vérité. La sensibilité et les instincts sont peut-être inhérents à l’empirisme, mais tout aussi riches dans les pensées qu’ils nous délivrent que la raison. Ce faisant ils nous montrent la réalité sous d’autres facettes qui sont elles aussi des vérités car elles font partie de nous. En conséquence, je ne pense pas que percevoir les autres par le prisme de ses affects soit aliénant. C’est ne s’en référer qu’à eux qui l’est, de sorte à ignorer ses instincts et sa raison, qui font également partie intégrante de notre nature humaine. Pour la préserver, il s’agit de trouver un équilibre entre ces trois éléments. Etre un monstre, c’est en quelque sorte une affaire de mauvais dosage.
Et même en admettant que la raison soit par essence universelle, elle reste influencée par l’imaginaire et les affects; D’où le fait que la métaphysique, qui consiste à élaborer des systèmes scientifiques avec pour seul fondement la spéculation, soit si contestée. On pourrait même considérer que du point de vue évolutionniste, si un corps physique s’adapte aux besoins de l’homme, il n’y a aucune raison logique pour qu’il n’en soit pas de même de la spiritualité, mais ce serait déjà accorder bien trop de confiance à ma raison que de conjecturer ainsi. Toujours est-il que la vérité, qu’elle soit rationnelle, sensible ou pragmatique serait donc toujours un réceptacle de notre contingence. Par conséquent, l’universalisme ne se fonde sur rien qui soit universel, et ne peut donc prétendre nous faire appréhender notre propre nature en elle-même, c’est à dire objectivement et a fortiori ce qui est bon pour elle.
En dernière instance, l’universalisme comme seul horizon revient à ne vouloir voir en l’autre que ce que nous connaissons déjà. Il s’agit en fait de se rassurer quant à ses imprévisibles contingences en tentant de le démystifier à l’aide de règles scientifiques qui sont en fait un ensemble de normes et de croyances admises de tous qu’il faut sans cesse interroger, au même titre que l’art est un façonnement des sens.
Elle a un fonctionnement qui est certes indépendant du monde sensible, mais pas pour autant universel étant donné le fait qu’il ne soit pas nécessairement commun à tous les êtres capable d’appréhender la notion de vérité. La sensibilité et les instincts sont peut-être inhérents à l’empirisme, mais tout aussi riches dans les pensées qu’ils nous délivrent que la raison. Ce faisant ils nous montrent la réalité sous d’autres facettes qui sont elles aussi des vérités car elles font partie de nous. En conséquence, je ne pense pas que percevoir les autres par le prisme de ses affects soit aliénant. C’est ne s’en référer qu’à eux qui l’est, de sorte à ignorer ses instincts et sa raison, qui font également partie intégrante de notre nature humaine. Pour la préserver, il s’agit de trouver un équilibre entre ces trois éléments. Etre un monstre, c’est en quelque sorte une affaire de mauvais dosage.
Et même en admettant que la raison soit par essence universelle, elle reste influencée par l’imaginaire et les affects; D’où le fait que la métaphysique, qui consiste à élaborer des systèmes scientifiques avec pour seul fondement la spéculation, soit si contestée. On pourrait même considérer que du point de vue évolutionniste, si un corps physique s’adapte aux besoins de l’homme, il n’y a aucune raison logique pour qu’il n’en soit pas de même de la spiritualité, mais ce serait déjà accorder bien trop de confiance à ma raison que de conjecturer ainsi. Toujours est-il que la vérité, qu’elle soit rationnelle, sensible ou pragmatique serait donc toujours un réceptacle de notre contingence. Par conséquent, l’universalisme ne se fonde sur rien qui soit universel, et ne peut donc prétendre nous faire appréhender notre propre nature en elle-même, c’est à dire objectivement et a fortiori ce qui est bon pour elle.
En dernière instance, l’universalisme comme seul horizon revient à ne vouloir voir en l’autre que ce que nous connaissons déjà. Il s’agit en fait de se rassurer quant à ses imprévisibles contingences en tentant de le démystifier à l’aide de règles scientifiques qui sont en fait un ensemble de normes et de croyances admises de tous qu’il faut sans cesse interroger, au même titre que l’art est un façonnement des sens.
vendredi, mai 17, 2013
♪ Tuyac n wanzul (Musiques du sud) - iDIR
O U T S I D E R S.entinelles
Par Eric Lacombe
E n y é t a n t a u x p r i s e s a v e c u n e q u a n t i t é i m p o r t a n t e d e d é t a i l s p e r ç u s d e s o n e n v i r o n n e m e n t , i l l e r e s s e n t i r a i t p l u s i n t e n s é m e n t q u e l a m o y e n n e . C o m m e s i n o u s r é a g i s s i o n s a u x p l u s i n f i m e s b r u i t s n o u s e n t o u r a n t d u f a i t d e l e s e n t e n d r e t o u s d i s t i n c t e m e n t .
(...) L a q u e s t i o n d e l ' a p p a r t e n a n c e a u m o n d e s o c i a l s u r g i t d a n s l ' e n s e m b l e d e l a v i e d e l ' e n f a n t , p u i s q u e t r è s t ô t , d e p a r s a l u c i d i t é a c é r é e , i l e s t n o n s e u l e m e n t e x p o s é à l h y p e r s e n s i b i l i t é , m a i s à u n s e n s c r i t i q u e p o i n t u q u i c o n s i s t e à c e r n e r l e s d y s f o n c t i o n s d e s o n e n v i r o n n e m e n t , q u a n d e l l e s n e s o n t p a s p e r c e p t i b l e s p o u r l a p l u p a r t d e s e s c a m a r a d e s . C e l a e x p l i q u e e n t r e a u t r e s s o n s e n t i m e n t d e g r a n d e s o l i t u d e e t s o n i n t é r ê t p r é c o c e p o u r l a v é r i t é e t l a j u s t i c e .
(...) L ' e x p é r i e n c e q u o t i d i e n n e d e c e s d i f f é r e n c e s o n t p o u r c o n s é q u e n c e d e l e f a i r e r e d o u t e r l a c o n f r o n t a t i o n a v e c l a r é a l i t é . P u i s q u ' el l e s s o n t t r è s p a r t i e l l e m e n t r a t i o n n a l i s é e s d a n s l ' e n f a n c e , e l l e s d r e s s e n t n o n s e u l e m e n t d ' e m b l é e u n e b a r r i è r e c o m m u n i c a t i o n n e l l e a v e c l e m o n d e s o c i a l , m a i s e n g e n d r e n t u n c o m p l e x e d i n f é r i o r i t é : A l o r s m ê m e q u' i l c o n s t a t e l a g a i t é n a ï v e e t l e c a r a c t è r e a n o d i n d e s v i c i s s i t u d e s d e s e s c a m a r a d e s e n c o m p a r a i s o n à l a c o m p l e x i t é d e s e s t o u r m e n t s , i l r e s s e n t i r a u n e p r o f o n d e i n j u s t i c e e t p a r f o i s m ê m e d e l a h o n t e. C e s t p o u r q u o i f a c e à u n o b s t a c l e , l e n f a n t p r é c o c e a u r a t e n d a n c e à s e r é f u g i e r d a n s l e m u t i s m e p o u r f a i r e b a r r a g e à l e x p r e s s i o n d e s a d i f f é r e n c e , d o n t i l r e d o u t e q u e l l e a p p a r a i s s e s o u s l a f o r m e d o u b l e m e n t v e x a n t e d u n é c h e c l à o ù l e s e n f a n t s d e s o n â g e r é u s s i r a i e n t a i s é m e n t .
Le surdoué, qui est comme aspiré par le maelstrom de l’intensité de ses émotions (hyperesthésie) et de sa réflexion sur le monde, en oubli de faire preuve de la « dose » de réflexivité qui pourra l’amener à s’interroger sur la façon dont est perçu son comportement au sein d’un groupe social. De sorte qu’il se pose en observateur de celui-ci sans jamais prendre pleinement conscience qu’il en est aussi acteur. Le surdoué a donc ainsi tendance à ne pas adapter son comportement aux codes en vigueur à l’intérieur d’une communauté d’individus ; Parce qu’il est en perpétuel décalage avec leur application à sa personne, mais aussi parce qu’après un long travail d’analyse, il peut être susceptible de les rejeter en partie si ce n’est totalement. Dans tous les cas, cela lui vaut d’être étiqueté comme déviant.
Si les surdoués sont considérés de notoriété publique comme hypersensibles, c’est parce que l’Homme « fonctionne » pour ainsi dire par induction ; En effet, nous sommes des éponges. Nous commençons par « capter » les stimulis d’un environnement, que cela se traduise par des perceptions -d’ordre mental-, ou des sensations, -d’ordre physiologique. Une synthèse de toutes ces captations s’effectuera ensuite dans l’esprit d’abord par l’imagination qui reconstituera l’expérience empirique vécue à partir d’elles, puis par un système d’association d’idées logique –la rationalité- qui donnera du sens à cette expérience, mais également une signification plus subjective, plus symbolique, puisque le processus en question est évidemment coloré par les affects, les souvenirs et la personnalité. Cette « digestion » d’informations empiriques ayant lieu en quelques fractions de secondes évidemment…
Etre surdoué peut donc s’expliquer par l’hypersensibilité dans la mesure où cette caractéristique implique qu’un nombre plus conséquent d’informations empiriques que la moyenne soient « captées ». Ce qui impacte sur la richesse de ce qui sera synthétisé dans l’esprit pour être ensuite érigé en conclusion à vocation si ce n’est universelle, du moins plus générale. La pluralité des informations emmagasinées impactera donc sur la finesse d’un jugement porté au même titre que le nombre de pixels qu’un appareil photo sera capable de restituer aura des conséquences sur la qualité d’une image.
Si cette approche précise et même acérée de l’environnement peut permettre de jeter la lumière des cavités intéressantes voir même nouvelles de ce dernier –d’où le terme de « génie »- elle implique ce même phénomène dans la sphère subjective et c’est là où cela se corse ; Car le mystère que dévoilera une grande lucidité sera autant d’étrangeté enlevé aux arts et les relations interpersonnelles, étrangeté à l’origine de l’élan d’exploration du réel qui nous anime. Dès lors il peut être sain de prendre garde à régler la puissance d’action de ses rayons lasers de lucidité sur la nature d’un objet en question. Comme nous l’avons évoqué, tout simplement pour ne pas le détruire en « asséchant » la passion qu’il provoque par une attraction toujours empreinte de mystère. Mais aussi pour sortir de l’abstraction spéculative au même titre qu’on irait prendre un bol d’air dehors. Dehors, où un cerveau tournant à plein régime d’un flux d’informations arrivant en rafales peut choisir de se laisser porter par les effluves du monde sensible, de façon à ne pas devenir complètement cynique… En définitive, il s’agit de s’adapter à son environnement.
Evidemment, l’hypersensibilité n’explique pas à elle seule la surdouance, puisque dans le cas inverse, n’importe quelle personne émotive par exemple le serait. Cette caractéristique s’accompagne en effet de mécanismes imaginatifs et rationnels venant synthétiser ce que la sensibilité aura sondé plus performants. Ce qui se traduit par une capacité à se représenter les choses même lorsqu’elles ne seraient pas à portée de mains (imagination) et à leur donner de la cohérence en les reliant entre elles -ce qui s’appelle en langage courant « avoir une vue d’avion »- plus rapide et à la mesure du divers des informations empiriques sondées. Tout se passe en fait comme si la matière avec laquelle sont forgés les circuits cognitifs du surdoué conduisait d’une façon exceptionnelle l’électricité desdites informations.
Ce qui fait écran entre le surdoué et le monde, ce sont donc des normes auxquelles il ne correspond pas ainsi qu’un décalage avec elles, qu’il soit du à un certain enfermement mental ou à leur remise en question. Et bien souvent, la première cause implique l’autre. Qu’il soit disqualifié ou qu’il se disqualifie lui-même en matière de compatibilité avec le commun des mortels, il en résulte de toute façon la même chose : Le surdoué est mis au ban de la normalité, de ce qui est admis par la majorité d’une société comme la voie légitime.
Ce n’est pas tant la différence qui est frustrante pour un surdoué, c’est le formatage qu’il subit afin de correspondre à des normes. Une forme de rejet le ramenant sans cesse à ses différences de sorte à le cantonner à un statut d’individu alors même qu’il existe aussi en tant que membre d’un tout social. Face à un tel sentiment d’impuissance, il s'agit ainsi de puiser exclusivement en lui l’assurance nécessaire pour avoir l’audace d’apporter sa pierre à l’édifice d’une société pour s’y reconnaître à son tour et ainsi s’y sentir partie intégrante.























